
Photo de couverture ©JFD
Alors que l’IA s’impose comme une nouvelle révolution industrielle, une question domine les débats économiques : l’Europe peut‑elle réellement reprendre le contrôle de sa chaîne de valeur technologique ?
La 2e édition du Baromètre européen de l’IA, réalisée par JFD en collaboration avec EY Fabernovel et une coalition de 30 leaders économiques européens, apporte un éclairage nouveau. Loin d’un constat fataliste, l’étude montre qu’une transformation est non seulement possible, mais déjà en marche.

L’étude complète est disponible en ligne. Elle propose une cartographie inédite de la chaîne de valeur de l’IA, un diagnostic systémique et des recommandations d’action.
Les chiffres mettent en lumière un contraste fort.
L’Europe dispose de forces majeures : excellence scientifique, talents, dynamique entrepreneuriale renouvelée. Mais elle reste dépendante d’infrastructures étrangères et d’un marché du capital moins profond que celui des États‑Unis.
Pour Delphine Remy‑Boutang, Fondatrice et CEO de JFD, ce paradoxe doit devenir un point de bascule et non une fatalité.
« Nous avons les talents. Ce qu’il faut maintenant, ce sont des contrats, et des alliances pour concrétiser le passage à l’échelle. »

Si l’État a joué son rôle de catalyseur, une conviction s’impose désormais : le relais de croissance et d’industrialisation doit être porté par les acteurs privés.
L’objectif proposé par JFD et sa coalition est simple, ambitieux, mais atteignable :
Aligner les achats privés sur les efforts publics et atteindre 9 % d’achats innovants auprès de startups européennes dans les 2 ans.
Pourquoi ce chiffre est stratégique ?
C’est cette vision qui doit permettre de bâtir un véritable Mittelstand européen de l’innovation, un tissu d’entreprises technologiques intermédiaires, robustes, rentables, capables de soutenir une souveraineté durable.
Les analyses croisées des 30 champions duBaromètre révèlent trois leviers pour reconstruire une autonomie technologique européenne crédible :
L’autonomie ne se construit pas contre le reste du monde mais en combinant technologies globales et briques critiques européennes. De nombreux groupes montrent déjà la voie, de Allianz à Veolia.
L’Europe doit concentrer ses forces sur les prochaines frontières stratégiques, notamment dans l’IA applicative et industrielle, les modèles frugaux et les solutions embarquées souveraines.
L’alliance entre startups et grands groupes doit devenir la norme. Tests, achats, co‑construction et industrialisation sont les moteurs du passage à l’échelle. L’étude propose des modèles concrets inspirés de ce qui fonctionne aux États‑Unis.
Comme le rappelle Jean‑Christophe Liaubet, Innovation Leader EY France :
« L’autonomie technologique n’est pas un repli sur soi. C’est une condition de compétitivité. »
Ce qui distingue l’approche européenne n’est pas la recherche de l’autarcie, mais la capacité :
Le discours de Delphine Remy‑Boutang lors de la remise du Baromètre au Ministère de l’Économie l’a illustré : la souveraineté s’achète, se construit et s’incarne.

L’étude le montre : l’Europe a le potentiel, les talents, la recherche, les pépites technologiques, et désormais une coalition prête à agir.
Ce qui manque encore ?
Du volume, de la vitesse et… des contrats.
Construire l’autonomie européenne en IA ne sera ni rapide ni simple, mais la trajectoire est claire : hybrider intelligemment, investir stratégiquement, s’allier massivement.