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Développement mobile
30.9.2014
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Les 3 rôles de l’application mobile au service des objets connectés
Hugo Hache
Note : Ce contenu a été créé avant que Fabernovel ne fasse partie du groupe EY, le 5 juillet 2022.

Chez Fabernovel, nous voyons cette tendance comme une opportunité d’améliorer les services mobiles actuels et de proposer une expérience toujours plus contextuelle et immersive. En développant pour les Google Glass et les smartwatches, nous nous sommes demandés ce que serait le futur des applications mobiles dans un monde gouverné par l’IoT.

Connexion en cours

L’histoire des objets connectés

L’expression “Internet of Things” fut inventée par Kevin Ashton (P&G) en 1999 pour caractériser la connexion des puces RFID à Internet. Après quelques essais infructueux, le premier objet dit “connecté” fut le Nabaztag. Commercialisé en 2005 par Violet, la firme de Rafi Haladjian, le lapin connecté est rapidement devenu l’étendard d’une nouvelle catégorie de produits. Grâce à sa connexion Wi-Fi, le Nabaztag était capable de donner les prévisions météo ou de lire les mails à voix haute, offrant également des alertes personnalisées. En 2006, Apple a collaboré avec la marque à la virgule pour le lancement de Nike+iPod. Un capteur, placé dans une chaussure, envoyait à un iPod les statistiques de vos sessions de footing. Enfin, en 2010, Parrot créa le marché du jouet connecté avec l’AR Drone, contrôlé par un smartphone par Wi-Fi avec une caméra embarquée et des jeux de réalité augmentée. Dès ses jeunes années, le marché de l’IoT était donc déjà très diversifié.

Un marché en expansion

L’avénement des objets connectés est susceptible d’apporter de grands changements dans notre quotidien. Des bracelets aux ampoules, en passant par les balances intelligentes, les détecteurs de fumée ou encore le textile, chaque objet de la vie quotidienne trouve désormais sa place dans un monde connecté. Le marché de l’IoT s’est calmement développé au cours des dernières années et il semble désormais prêt à décoller. D’ici 2020, pas moins de 50 milliards d’objets connectés vont envahir le monde et le marché vaudra 5 000 Mds de dollars. (Source)

Cette expansion est en partie due au fait que tout objet peut devenir “connecté”: santé, sport, divertissement, domotique … chaque domaine est concerné et ils n’ont qu’une seule chose en commun: votre mobile.

“One smartphone to rule them all”

Les progrès effectués dans la miniaturisation pour le marché des smartphones ont permis d’ouvrir la porte aux objets connectés. Depuis 2007, et la présentation de l’iPhone, les smartphones ont envahi le monde. La compétition entre les constructeurs oblige une évolution constante des technologies et des caractéristiques des mobiles, notamment de leur connectivité (Bluetooth, Wi-Fi, 4G, NFC). Grâce à cela, des objets de plus en plus petits et perfectionnés peuvent communiquer efficacement avec votre smartphone, qui va devenir progressivement le carrefour de votre vie connectée.

En regardant l’état actuel du marché, nous envisageons les trois scenarii suivants.

Le smartphone, intermédiaire de choix

Un panneau de configuration

De nombreux objets connectés ont l’air simples et passifs en apparence. Prenons par exemple les bracelets sans écran tels que le Fitbit Flex, le Jawbone Up ou le Withings Pulse. Ces objets tendance, truffés de capteurs, sont inutilisables sans leur application compagnon. La première chose à faire avant de les utiliser est de les configurer avec votre téléphone. L’application vous permet de créer un profil, de fixer des objectifs et de programmer une alarme par exemple. Le software est également la continuité de l’objet, permettant de consulter ses statistiques et de voir si l’on a réalisé son quota de pas quotidien. Ainsi, malgré sa capacité de collecter de façon autonome tout un tas de données, le bracelet connecté a besoin du smartphone pour les retranscrire, ainsi que pour obtenir des mises à jour. Le lien entre l’objet et le mobile semble donc être bien plus qu’une simple connection Bluetooth, ils se complètent.

La télécommande

Le smartphone trouve également sa place en tant que télécommande universelle, tout-en-un et indéfiniment reconfigurable pour contrôler vos objets connectés. Des drones aux serrures des portes, en passant par le thermostat intelligent, tout peut être piloté par le mobile. Éteignez la lumière, ajustez la température, vérifiez vos caméras de sécurité ou changez la chanson sur vos enceintes sans fil, le tout du bout de votre doigt. Avec Homekit, Apple pousse encore plus loin cette expérience, en faisant de votre téléphone une télécommande contrôlée par la voix avec Siri.

De plus, couplé avec des beacons (sortes de déclencheurs numériques), les possibilités sont sans limite: à l’approche de votre maison, la serrure se déverrouille, les lumières s’allument et votre maison connectée prend vie.

Le centre névralgique

Lorsqu’on parle de wearables, comme les montres, bracelets ou lunettes, il convient de prendre des décisions pour allier efficacité, design, prix et autonomie. Avec les Glass, Google a fait un choix très clair: l’objet est la continuité du mobile et non un device indépendant. Ainsi, les Glass utilisent les ressources offertes par le téléphone, comme sa connectivité (LTE ou Wi-Fi), son puissant processeur et sa capacité de stockage. Grâce à cela, les Glass sont capables de vous guider par GPS et de prendre des photos et des vidéos. Le smartphone en tant que hub central peut également laisser différents objets communiquer entre eux. Ainsi, on pourrait imaginer que vos Glass vous alertent que votre chien s’est enfui, tandis que la température dans la cuisine est trop élevée.

Cependant, lorsqu’on regarde les smartwatches actuelles, on distingue différentes approches. La plupart d’entre elles suivent le modèle des Glass, avec une dépendance au mobile. Mais certaines tentent de se démarquer, comme la Samsung Gear S, en s’acquittant du mobile avec une nano-SIM et une capacité de stockage.

On arrive donc à un dilemme: la montre doit-elle être aussi fine que possible et profiter du meilleur du smartphone, ou doit-elle être autonome et se catégoriser comme un produit à part entière ?

Le parti pris d’Apple pourrait influencer les décisions futures des compétiteurs. Avec sa Apple Watch, la firme de Cupertino fait un pas de géant pour l’univers des objets connectés. Bien que beaucoup de détails restent encore à confirmer, le prochain objet tendance peut fonctionner de façon autonome comme un compagnon sportif truffé de capteurs, avec une mémoire interne pour écouter de la musique et regarder des photos, ou bien être un prolongement de l’iPhone, utilisant sa connectivité pour le GPS, les appels ou les SMS, la NFC pour Apple Pay ou des applications tierces. Il parait donc clair qu’il y aura un avant et un après Apple Watch.

Développer pour l’IoT

Deux fois plus smart

Concevoir une application pour un objet connecté peut se révéler encore plus délicat que pour un mobile. La première étape est de définir précisément le rôle du smartphone. Cette approche dépend des besoins, un glassware devant être plus épuré qu’un centre de contrôle d’un kit de domotique centralisé. Chez Fabernovel, nos applications sont construites en suivant les guidelines iOS et Android afin d’obtenir la meilleure expérience d’utilisation. Ainsi, lorsqu’il s’agit de développer du software pour un objet connecté, la même rigueur est de mise afin de répondre au mieux aux habitudes de l’utilisateur.

Un écosystème en développement

L’IoT étant relativement nouveau, les applications pour les wearables sont encore à l’état de prototypes. Tout comme les premières applications de l’App Store, celles-ci ne tirent pas encore pleinement partie des possibilités offertes par le monde connecté qui nous entoure. Avec le programme Glass et les guidelines d’Android Wear, Google a fait un premier pas vers l’uniformisation des applications. Le GDK (SDK des Glass) ressemble à une version épurée d’Android, mais les nouvelles APIs (orientées application/objet) doivent acquérir une plus grande maturité. En prolongeant son programme Explorer pour les Glass, Google cherche à accélérer ce processus pour améliorer l’expérience.

Avec WatchKit, Apple va donner des guidelines pour apprivoiser la nouvelle UI de sa tant attendue Apple Watch. Ce système semble plus abouti qu’Android Wear, avec de nombreuses façons d’interagir, au travers de la Digital Crown, de l’écran doté de retour haptique et de détection de force, et des applications tierces. Bien que la philosophie derrière WatchKit soit totalement différente de celle d’Android Wear, ils ont des similarités et la conception sur ces deux systèmes est dans la continuité des skills d’un développeur.

Des compétences rétro-compatibles

Combiner une interface épurée avec des fonctionnalités de plus en plus poussées est un défi que nous sommes prêts à relever. Le savoir-faire et l’expérience que nous avons engrangés nous donnent une base solide pour développer pour les objets connectés. Chez Fabernovel, nous transposons nos méthodes et nos connaissances sur les communications serveur/smartphone pour créer des interactions smartphone/objet exacerbées.

Challenge accepted.

Conclusion

Devant l’engouement des annonces des grands constructeurs, nous nous sommes demandés quel serait le rôle des applications mobiles dans un monde intelligent rempli d’objets connectés. Les interactions entre le mobile et les objets sont cruciales et dans les années à venir, les wearables et autres smartobjects ne se démultiplieront seulement si la transition est bien effectuée. Tout objet est voué à devenir “intelligent” dans un délai très court.

Actuellement, les applications mobiles sont au centre de l’IoT, assurant la transition et offrant une certaine continuité entre les différents devices, quelle sera la prochaine étape ?

Avec la multiplication des mobiles et des objets truffés de capteurs, l’IoT pourrait devenir très bientôt l’IoE (Internet of Everything).

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