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Développement mobile
21.5.2021
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Google I/O, ce qu’il faut retenir sur Android 12
Romain GENDREAU
Sébastien Loridon
Note : Ce contenu a été créé avant que Fabernovel ne fasse partie du groupe EY, le 5 juillet 2022.

Android, c’est le meilleur ennemi de iOS. Cet OS équipe désormais plus de 3 milliards de smartphones, pèse aujourd’hui 72% du marché mondial et 65% en France à l’heure où nous écrivons. À chaque année sa nouvelle version, et si cette douzième mouture se distingue, ce n’est pas forcément pour ses fonctionnalités mais plutôt pour le virage amorcé sur le design.

Les goûts et les couleurs, et la police.

Android obéit au design system Material Design, lancé en 2014, pour répondre au besoin d’une identité claire et homogène des services Google, indépendamment de la plateforme sur laquelle l’utilisateur navigue. Après avoir fait du theming à partir de 2018 afin de permettre aux marques d’exprimer plus librement leur identité, Google s’est tourné vers ses utilisateurs finaux afin de leur donner des “expériences plus personnalisées”, avec l’intention de produire des appareils capables d’exprimer notre singularité. On la retrouve dans le nom de la nouvelle approche, Material You. La mesure la plus emblématique réside dans la possibilité donnée à l’utilisateur (possesseur de Pixel pour le moment, les autres fabricants n’étant pas obligés de le faire) de déterminer le nuancier de son appareil à partir de sa photo de fond d’écran.

En clair, à partir de la photo sont tirées 2 couleurs d’accentuation complémentaires et 3 autres teintes sont ensuite déterminées par l’appareil afin d’avoir une palette harmonieuse. Le programme s’assure donc que votre combinaison de couleurs soit visuellement agréable et que surtout les niveaux de contrastes restent exploitables pour garder une interface accessible. Amis testeurs n’ayez crainte, vous ne serez jamais contraints à avoir une “superbe” combinaison jaune et rose sur vos téléphones d’essai.

Au-delà des couleurs, une autre petite révolution va s’opérer sur la typographie. C’est le terminus pour la police Roboto incorporée pour la première fois en 2011 avec Android 4, Ice Cream Sandwich. Et c’est donc la Google Sans, qui commençait déjà à s’imposer sur les titres et textes mis en avant, qui va dorénavant être l’identité typographique d’Android.

Police historique d’Android, la Roboto est une police assez étroite, sans serif qui met l’accent sur l’information qu’elle contient plutôt que sur l’émotion à véhiculer. Ce caractère “police par défaut” lui vaut peut-être ce délaissement, à l’instar de ce qui va survenir avec Calibri chez Microsoft.

La Google Sans s’exprime davantage en rondeurs, donnant un caractère plus chaleureux à l’écosystème Android.

Niveau fonctionnalités, quelques changements

La première impression d’une application, au-delà de son icône, c’est l’écran de chargement, nommé splash screen. Sur Android, si vous négligez cette étape, votre utilisateur peut être face à un écran grisâtre le temps de quelques secondes. Dorénavant, un effet de zoom sera créé à partir de l’icône de votre application. Techniquement, une petite mise à niveau devra être effectuée car les écrans de lancement actuels n’apparaissent qu’après les chargement des bibliothèques externes, ce qui n’est pas le cas de cette “nouvelle génération”.

Les interactions courtes que sont les notifications, les “toasts” (qui n’a pas son équivalent sur iOS) et widgets ont également subi un coup de pinceau, et Google pousse les développeurs à cesser de développer des composants personnalisés pour accompagner une notification. Si l’utilisation des widgets peut sembler peu évidente sur iOS, elle est incontournable sur Android : Google estime que 84% des utilisateurs ont un widget sur leur écran d’accueil, et les deux tiers en ont deux, sinon plus.

Comme sur iOS, un toast apparaîtra lorsqu’une application exploitera le presse-papier qui contient du contenu d’une autre application.

Comme sur iOS, un point vert apparaîtra sur l’écran pour vous informer de l’utilisation du composant lorsqu’une application utilisera la caméra de façon active.

Comme sur iOS, votre téléphone vous permettra bientôt de démarrer votre voiture : BMW travaille à l’intégration de cela avec la gamme Galaxy de Samsung.

Comme sur iOS, les permissions Bluetooth et de géolocalisation sont désormais dissociées. Avant, pour permettre à une application vous permettant de vous connecter à des équipements Bluetooth, il fallait autoriser la géolocalisation. Rajoutons qu’il est maintenant possible d’autoriser l’appareil à se baser sur une position géographique approximative et non exacte.

Sur le volet “sobriété numérique”, on notera la prise en charge du format AVIF pour les images, plus léger que le JPG.

Du mieux à votre poignet ?

Sundar Pichai, PDG de Google depuis 2015, a annoncé lors de la Keynote que WearOS allait connaître un grand bond en avant grâce à la synergie avec l’OS Tizen de Samsung et l’expertise fitness de Fitbit, rachetée en 2019 par Google. Un modèle haut de gamme Fitbit est ainsi attendu pour la fin de l’année.

Gérer le quotidien de votre application avec Firebase

Firebase est un regroupement de services géré par Google pour assister les développeurs mobiles, Android comme iOS. Il est utilisé par 3 millions d’applications chaque mois.

Les services les plus connus sont sans aucun doute Crashlytics (qui résulte d’un rachat d’entreprise), permettant la remontée de bugs et d’Analytics qui n’est autre que la transposition de Google Analytics pour le mobile.

Firebase s’améliore en proposant de nouvelles extensions qui seront en mesure de simplifier considérablement les efforts de développement : l’intégration facilitée de Stripe pour le paiement (et abonnements), Algolia pour effectuer des recherches dans la base de données, MailChimp et MessageBird pour la communication aux utilisateurs finaux.

Sur la partie App Distribution, créée plus récemment (et concurrent direct de Microsoft App Center et Testflight), la distribution des applications au format Android App Bundle (AAB) va être rendue possible.

Enfin, Sur le volet Remote Configuration ; décrite par certains comme “une API pour ceux qui ne peuvent pas gérer une API”, vue par d’autres comme un formidable outil d’A/B testing ; le Machine Learning, qui imprègne un nombre croissant d’activités de Google, va entrer en jeu pour permettre une plus grande personnalisation pour chacun des utilisateurs à l’avenir. Affaire à suivre.

Le Play Store, le tremplin sur le monde extérieur

Il est intéressant de noter que, contrairement à iOS et son App Store, le Play Store n'a pas le monopole de la distribution d'applications sur Android. Par exemple sur les terminaux Huawei, les utilisateurs ont la contrainte de télécharger des applications via l’App Gallery, suite aux sanctions étasuniennes.

Néanmoins, au cours de l’année écoulée plus de 140 milliards de téléchargements ont été effectué sur le Play Store. Assez pour lui conférer une certaine autorité pour la publication d'applications.

La principale évolution porte sur plus de transparence vis-à-vis des règles régissant cette plateforme. Si une application ne respecte pas les règles, un avis détaillé sera transmis, comprenant notamment le texte et les images incriminées. Le Play Store va également permettre un suivi des SDK tiers et d’alerter sur ceux pouvant violer les règles de la plateforme.

Enfin, une évolution va survenir à partir du 1er août 2021 : toute nouvelle application soumise sur le Play Store devra respecter le format AAB, permettant à chaque appareil de télécharger uniquement les ressources compatibles avec sa résolution d’écran notamment. C'est ainsi moins de données à télécharger et plus de place sur son appareil. Un pas vers un usage plus frugal de nos ressources.

Vous l’aurez compris, les annonces de cette année ont plutôt été orientées logiciel, laissant fleurir les rumeurs sur le prochain Pixel et les écouteurs Pixel Buds. On se donne rendez-vous aux alentours du 7 juin pour la Conférence mondiale des développeurs d’Apple (WWDC), elle aussi intégralement en ligne.

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