Communiqué
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10.9.2020
Perturbation continuum temporel
Temps d'un café
Big Tech : Fabernovel publie son rapport sur les résultats du deuxième trimestre
Remy Stère

« L'été a été chaud et fascinant dans le secteur de la tech qui n’a fait aucune pause. La révolution de la valeur, l'un des thèmes principaux de notre GAFAnomics trimestriel, a battu son plein. Les valeurs technologiques ont continué à manger le monde de l’"alpha" et ont atteint des valorisations record. Le trillion est devenu la nouvelle norme pour les capitalisations boursières des GAFA, poussant leurs fondateurs au sommet des clubs de milliardaires. Cela a déclenché la résurgence d’une volonté de s’introduire en bourse pour de nombreuses entreprises aux États-Unis et en Asie » introduit Jean-Christophe Liaubet, Managing Partner, Fabernovel

**Synthèse - non exhaustive - des GAFAnomics Quarterly : **

Partie 1 - Les trois derniers mois à travers les lunettes de Fabernovel

**L’Index Fabernovel des Big Tech surperforme **

Sur le plan boursier, les GAFA représentent à eux seuls 3 fois la capitalisation de tout le CAC40 réuni. Le secteur de la tech est de nouveau le plus attractif ce trimestre avec 25% de croissance (entreprises du S&P1200) tout juste devant les biens de consommation non essentiels (+24%). Mais ce sont surtout les entreprises de l’Index Fabernovel* (qui inclut également certaines entreprises Tech du classement S&P1200) que nous étudions dans les GAFAnomics Quarterly qui se sont envolé avec 53% de croissance. “Cette forte croissance peut s'expliquer par le fait que les géants de la tech ont bénéficié de leur position de leader en représentant un "investissement sûr" pour les jeunes boursicoteurs en raison de leur taille tout en étant financièrement attrayants” précise Jérémy Taïeb, Analyste Financier, Fabernovel et co-auteur de l’étude.

Bulle ? C'est toute la question.

D'une part, la crise du COVID-19 a accéléré les usages numériques. Les 20 entreprises de notre GAFAnomics ont enregistré de solides résultats avec en moyenne une croissance de 12% de leurs ventes et de 5% de leur EBIT sur le dernier trimestre par rapport au même trimestre de l’année précédente (contre respectivement -6% et -14% pour l'indice S&P 500), ressentant un impact limité de la crise Covid. Cependant, il apparaît de plus en plus que l'été a été alimenté par une vague spéculative et par des effets techniques liés à l'explosion des volumes déclenchée par deux nouvelles catégories d'investisseurs à court terme : les petits investisseurs américains qui utilisent de nouvelles applications de plateformes de trading telles que Robinhood (flux estimés à 500 milliards de dollars US de notionnel) et SoftBank qui s’est révélé être la mystérieuse baleine du Nasdaq qui a investi 4 milliards de dollars US dans des options d'un montant estimé à 30 milliards de dollars US de notionnel. Cela a conduit à une forte augmentation de la volatilité : 11 sociétés de notre indice GAFAnomics ont enregistré un total de 199 fois une variation quotidienne de la capitalisation boursière de plus de 10 milliards de dollars US pendant l'été, contre seulement 2 fois une telle variation par une société en Europe. Une rotation des investissements vers des actions plus défensives et de valeur semble probable. Une vague qui pourrait conduire certaines valeurs chaudes à se consolider (Tesla, Zoom...) et bénéficier aux GAFA offrant la valorisation la plus abordable.

Dans le TOP : Spotify amasse les abonnés premium

Spotify leader sur le marché de la musique en streaming continue de résister à l’assaut d’Apple (qui a annoncé une nouvelle offre d’abonnement) et d’Amazon avec une croissance de 11% de ses revenus et 27% d’abonnés premium supplémentaires. La firme suédoise a également battu un nouveau record historique avec 299 millions d’utilisateurs mensuels actifs. Au-delà du confinement qui a poussé toute l’industrie du streaming par le haut, cette croissance s’explique aussi par le succès dans le renouvellement des signatures de contrats emblématiques comme Universal et la signature de grands noms tels Joe Rogan, DC et Kim Kardashian.

La SURPRISE : Tesla fait flamber sa valorisation

La valorisation boursière de Tesla a plus que doublé depuis le début de la crise du COVID-19 atteignant ce dernier trimestre 320 milliards de dollars. En comparaison, le géant historique General Motors n’a pas réussi à retrouver son niveau d’avant crise accusant un recul de 15% de sa valorisation. Pour la première fois de son histoire, Tesla est rentable quatre trimestres consécutifs. Cette crise a eu un effet levier sur l’électrique car elle a accéléré la prise de conscience de l’urgence climatique. Les mesures prises en faveur du véhicule électrique par le gouvernement français en est un parfait exemple.

Dans le FLOP : Uber sombre et réagit à retardement

Uber a échoué à adapter son modèle économique à la situation de la crise sanitaire. Si Uber Eats permet à l’entreprise de garder la tête hors de l’eau, ses courses avec Uber Ride se sont effondrées avec un chiffre d’affaires en baisse de 29% provoquée par la vague de confinement mondial. Pour rattraper son manque de réactivité, l’entreprise a fait le rachat tardif - début juillet - de Postmates à 2,65 milliards de dollars - un rachat qui ne change pas vraiment la donne mais qui renforcera la proposition de valeur d’Uber Eats.

Le Clash : Tik Tok face à Trump

Si l’annonce de Trump d’interdir Tik Tok sur le sol américain n’est pas passée inaperçue, c’est parce que l’application chinoise est l’un des réseaux sociaux qui est passé le plus vite à l’échelle en atteignant le milliard d’utilisateurs en seulement 3 ans et en parvenant à s'internationaliser au-delà de son pays d’origine. Les conséquences pourraient être importantes puisque les Etats-Unis représentent 10% de ses utilisateurs actifs.

**Partie 2 - Tendance forte du trimestre : Les entreprises anti-fragiles s’en sortent mieux **

L’atout clé des entreprises qui ont performé pendant la crise : leur anti-fragilité. Être antifragile c’est être capable de devenir meilleur dans l’adversité la plus imprévisible. Pour devenir anti-fragiles, les entreprises ont dû renforcer leurs 7 super-pouvoirs que l’on décrypte en détails dans l’ouvrage GAFAnomics sorti cet été aux éditions Eyrolles “Comprendre les super-pouvoirs des GAFA pour jouer à armes égales”. Il s’agit de :

#1 Le client gratuit : tout le monde est client, même ceux qui ne payent pas

#2 La conception inversée : les problèmes comme source de création de valeur

#3 Le management pirate : un nouveau mode de gestion des talents

#4 L’entreprise magnétique : l’agrégation de portions de valeur

#5 L’entreprise temps-réel : l’adaptation instantanée

#6 L’entreprise infinie : la croissance à coût nul

#7 L’entreprise intime : la personnalisation à grande échelle

Ces entreprises ont aussi investi et mis en valeur leurs actifs immatériels comme les talents agiles, une infrastructure renforcée, un large écosystème et flexible, une base client fidèle ainsi que leur impact à la fois environnemental et sociétal. Tesla est aujourd’hui la première valorisation mondiale dans l’automobile car elle s’attaque aux risques liés à l’énergie non renouvelable.

Cette antifragilité s’est illustrée dans 4 secteurs d’activité en particulier : la santé, le divertissement, la distribution et le télétravail.

“La crise a mis en lumière plusieurs dysfonctionnements de nos systèmes de santé actuels (lenteur de la prise en charge des patients, manque de matériel…). Alors que de nombreux géants de la tech observaient de près ce secteur et y faisaient leurs premiers pas, ils ont montré avec la crise leur capacité à réagir rapidement et à saisir ces opportunités en lançant des initiatives significatives” explique Gabrielle Peyrelongue, Analyste chez Fabernovel. C’est le cas d’Apple et Johnson & Johnson qui ont travaillé ensemble pour aider à détecter la fibrillation auriculaire grâce à l'Apple Watch ou Amazon et Microsoft qui ont aidé le NHS (National Health Service) aux Etats-Unis à créer des modèles basés sur les données en temps réel pour optimiser l'utilisation des lits, des ventilateurs et du personnel des hôpitaux en cas de crise.

Dans le divertissement, les géants ont tiré leur épingle du jeu avec une forte hausse de la demande, et ont démontré leur capacité à absorber et à supporter des pics d'utilisation importants, mais aussi à proposer des services pertinents. L'utilisation des applications de messagerie Facebook a plus que doublé, tandis que Messenger et Whatsapp ont enregistré environ 700 millions d'appels quotidiens, quand Fortnite a offert un concert virtuel du rappeur Travis Scott auprès de 12 millions de joueurs en ligne.

Dans le secteur de la distribution, la fermeture de la plupart des magasins a favorisé l’accélération du e-commerce où les géants ont continué à innover pour anticiper de nouveaux usages. Google a lancé Shoploop en juillet : une plateforme de shopping vidéo (qui arrive après Amazon Live, et l'acquisition de Packagd par Facebook en 2019). Uber Eats et Carrefour se sont associés afin de faciliter la livraison de produits alimentaires.

Enfin, le télétravail a connu sa première expérience à taille mondiale, favorisant l’adoption des outils déjà présents sur le marché. Slack a ainsi gagné 9 000 nouveaux clients payants, ce qui représente une augmentation de 80 % par rapport aux deux trimestres précédents. Malgré quelques failles de sécurité et des pannes d'infrastructures, les entreprises ont réussi à y palier, à développer davantage leurs solutions, et sont sorties renforcées de la crise.

Partie 3 - Quel “futur raisonnable” pourrions-nous imaginer ?

Fabernovel a fait l’exercice d’une fiction d’un “futur raisonnable”. Que signifie raisonnable ? Bâtir un futur sur des décisions fondées sur des faits et des données précis, visant à l'équité économique, culturellement acceptables et cohérentes avec nos valeurs individuelles. Il ne s’agit pas de faire des prédictions sur des innovations futures, mais bien d’imaginer des usages qui pourraient devenir ceux de notre quotidien, un quotidien souhaité et raisonné. Ce futur raisonnable et souhaitable sera à anticiper dès les premières étapes de conception de futurs produits, services ou business modèles.

*L’échantillon étudié sur ce trimestre 01/06 au 01/09 : Apple, Alphabet, Alibaba, Amazon, Baidu, Facebook, Lyft, Microsoft, Netflix, Tesla, Paypal, Samsung, Salesforce, Snap, Spotify, Square, Twitter, Tencent, Uber, Zoom

A propos de Fabernovel

Fabernovel est un groupe indépendant et international, expert du conseil en transformation numérique et de la création de produits et de services numériques.

Créé en 2003 par Stéphane Distinguin, Fabernovel compte aujourd’hui plus de 400 talents aux avant-postes de l’innovation sur 3 continents (en Europe à Paris, Lyon, Nantes, Toulouse, Bordeaux et à Lisbonne, aux États-Unis à San Francisco, et en Asie à Shanghai et Singapour).

Ses équipes sont pluridisciplinaires : designers, créatifs, ingénieurs, développeurs, data-scientists et analystes apportent leurs convictions et solutions sur toute la chaîne de valeur du numérique, de la phase de conseil à la phase de réalisation de produits utiles au quotidien, jusqu’à la campagne créative et à la valorisation des stratégies de transformation.

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