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Oct 9, 2018 | 7 min de lecture

Transformation

3 tendances qui vont changer votre vie (au travail)

3-tendances-qui-vont-changer-votre-vie-au-travail
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David Bchiri

Head of Innovative Spaces


FABERNOVEL INSTITUTE
Depuis trois ans que nous animons des lieux d’innovation, nous assistons à une mue sereine mais certaine de ces espaces de travail. Prenons le temps d’observer quelques signaux faibles et d’identifier trois tendances qui vont probablement révolutionner le quotidien des collaborateurs des grandes entreprises.

La culture des lieux d’innovation se propage à toutes les strates des organisations. L’innovation n’est plus cantonnée aux tiers-lieux, elle s’invite dans les bureaux, les sièges sociaux, les restaurants d’entreprise, les points de vente… Elle est désormais un élément prégnant de la culture des grands groupes. Ces derniers font de la nécessité de se transformer une opportunité de réinventer leur espace, considéré par 86% des salariés comme déterminant dans leur choix de travail.

Dans ce processus de fond que traversent toutes les organisations, 3 tendances sont à l’oeuvre dans tous les projets auxquels nous participons depuis les 18 derniers mois. Elles font l’objet de débats entre les collaborateurs et les Directions et doivent être regardées par le prisme de l’épanouissement des salariés.

 

L’ancrage territorial et l’ouverture sur la ville

Un rapide coup d’œil à un bâtiment permet de savoir si on est invité à y pénétrer ou si, au contraire, on est surtout prié de ne pas franchir sa porte.

L’expérience d’accueil est en général la première question que l’on se pose quand on définit les usages d’un espace. Au-delà de la « barrière à l’entrée », l’accueil est le premier point de contact de l’expérience visiteur. Veut-on accueillir les visiteurs comme on reçoit des amis à dîner ou comme on reçoit un huissier, avec méfiance et par obligation ? La plupart de nos clients montrent une volonté d’ouverture portée par des collaborateurs soucieux de ne pas être coupés du monde extérieur.

Le siège de LinkedIn à San Francisco a fait un premier pas vers l’ouverture en ce sens où il intègre la notion d’hospitalité. Sa cafétéria au rez-de-chaussée a été conçue comme un lieu de convivialité destiné aussi bien à l’interne qu’au public. Cette “zone tampon” crée une forme de porosité entre le bâtiment vertical et son environnement : c’est la fin de la tour d’ivoire.

Plus récemment, la volonté d’intégration dans le tissu local est de plus en plus forte du côté des collaborateurs qui souhaitent jeter l’ancre dans un port bienveillant et voir participer leur entreprise à la vie locale – économique, politique et sociale.

C’est le pari qu’a fait le groupe BETC lors de son déménagement en Seine-Saint-Denis en juillet 2016. En regroupant ses collaborateurs aux Magasins Généraux de Pantin, BETC a fait le choix d’une grande ouverture pour attirer à elle les talents de la création. Le spacieux bâtiment accueille, en plus des 900 salariés, un incubateur coopératif, un espace d’exposition, un restaurant et une programmation évènementielle ouverts au public pour ancrer sa présence sur le territoire et créer des passerelles entre son activité et le tissus local. La tendance est vertueuse et les communes qui accueillent ces initiatives bénéficient, sur le long terme, d’un impact positif.

Dans certaines villes où les campus tech génèrent une forme de repli sur soi, certains élus tentent d’imposer cette tendance. Un conseiller municipal de la ville de San Francisco a récemment pris position pour aider (comprenez “forcer”) les géants de la tech à créer du lien avec le tissus local en interdisant les restaurants  d’entreprises gratuits pour relancer les commerces de bouche alentours.

S’ouvrir, ne plus être une forteresse imprenable, créer de l’impact à une échelle visible sont autant d’initiatives qui participent au bien-être des collaborateurs.

 

La mobilité pour tous

Le taux d’occupation des postes de travail dépasse rarement les 50% dans les grandes organisations. Mais où sont donc les collaborateurs lorsqu’ils ne sont pas derrière leur écran ? En réunion. En conférence. En déplacement. Il n’a pas fallu très longtemps aux Directions Immobilières pour faire de ce constat une aubaine et d’optimiser les parcs à l’aide d’un simple outil : le Flex Office.

Si dans l’univers des freelances, la mobilité est perçue comme un avantage et un moyen de gagner en liberté d’organisation, elle ne semble pas forcément de mise chez les collaborateurs des grandes entreprises. Soulignons que beaucoup craignent le passage au Flex Office, contre intuitif pour certains managers, inadapté pour d’autres salariés. Il convient d’adapter les règles à chaque équipe et de leur fournir l’accompagnement pour se doter d’outils, de méthodes et de rituels afin de préserver la cohésion et la motivation.

Il est évidemment légitime de questionner les changements quand ils impactent aussi profondément les usages du travail, aussi, pour apporter un éclairage objectif, je questionne à mon tour un usage de la vie de tous les jours : Après quelques années de disruption du marché des transports, il paraît désormais normal de faire appel aux taxis, VTC, trottinettes, scooters et vélos en free floating pour un déplacement en ville – et les détenteurs de voitures sont de moins en moins nombreux dans les centres urbains. Le paradigme de Mobility as a Service est aujourd’hui largement accepté dans le quotidien, celui de Bureau as a Service pose encore des questions. La bonne question à se poser en arrivant le matin n’est pas « où vais-je m’asseoir ? » mais « que vais-je faire ? » et donc de quel espace j’ai besoin dans la journée. Un “cadre moyen” passe une partie de son temps en production, mais aussi en réunion, au téléphone, en rendez-vous à l’extérieur… L’entreprise doit s’assurer qu’elle donne un cadre opérant à chaque usage et pour celles qui veulent apporter une réponse efficace, les outils tels que le télétravail ou le corpoworking sont d’excellentes bases.

Comme tout changement organisationnel, même s’il vient avec son lot de « cadeaux » tels que bureaux design, mobilier dernier cri et cafétéria haut de gamme, ce sont les talents qui le conduisent et l’incarnent. Cette transformation ne peut se faire qu’en créant l’adhésion des collaborateurs qui doivent y voir un sens et non une perte de repères ou de statut. Notre intuition pour l’année à venir est qu’il faudra accompagner ces changements et trouver des moyens innovants pour l’appropriation de ces nouvelles méthodes de travail. Par l’exemplarité du management. Par l’acculturation. Par la mise en pratique de l’agilité tout en préservant tous les collaborateurs de la fragilité.

Après 8 ans de bureau nomade, j’ai forgé une conviction forte sur la mobilité : une fois acquise, il est très difficile de revenir à une posture sédentaire.

 

Les tiers-lieux tournés vers l’interne

Apparus vers le début des années 2010, les corporate garage ont convaincu de nombreuses organisations pour incarner physiquement leur politique d’innovation. Ces labs, ces hubs, ces espaces dédiés à l’innovation ont libéré leurs habitants des codes de l’univers corporatif pour leur permettre de se concentrer sur l’essentiel : casser les silos, rassembler une communauté de personnes ayant envie de sortir du cadre – souvent des game changers à l’avant-garde des sujets de transformation – et se nourrir d’inspiration externe en s’ouvrant sur l’écosystème startups. Ainsi sont nés les incubateurs dont Station F est sans aucun doute l’exemple le plus ambitieux et le plus visible sur la scène Française et Européenne.

Mais ces dispositifs ont eu un impact fort sur la culture. Notamment ils ont fait prendre conscience aux collaborateurs que d’autres méthodes de travail étaient possibles, là, à portée de main. Si certains n’ont pas vu l’intérêt d’adopter ces nouvelles méthodes, d’autres, parfois guidés par une direction RH visionnaire, en ont tiré les conclusions radicales : ces espaces doivent être mis à la portée de toutes et de tous car ils sont des moteurs de la transformation.

A l’instar d’Orange et de sa Villa Bonne Nouvelle, les espaces tournés vers l’interne permettent de diffuser largement des usages de travail inédits. L’agilité appliquée et mise en pratique dans ces tiers-lieux devient le nouveau modèle. On y vient pour quelques semaines, quelques mois, on se mêle à d’autres profils, d’autres compétences et on en sort grandi par l’expérience.

Pour citer Magali Lahourcade-Siccardi, Directrice de la Villa Bonne Nouvelle, « Les résidents en provenance d’Orange, un manager et ses équipes, sont sélectionnés sur la base du volontariat, pour l’intérêt qu’ils ont à utiliser les lieux pour le développement de leur projet. Cette nouvelle expérience collaborateur est un vecteur d’attraction forte pour les talents et un avantage différenciant pour la marque employeur. »

Ce modèle de lieu rejoint nos convictions fortes sur l’apprentissage par le faire, l’immersion et l’expérience et nous le soutiendrons dans les projets à venir.

 

Inutile de tout réinventer pour se réinventer

Les collaborateurs, pour s’épanouir, ont avant tout besoin de développer relations humaines et le sentiment d’appartenance à une communauté.

Les espaces de travail doivent permettre un tel développement. Ils doivent être des catalyseurs d’échanges, de production, d’apprentissage, d’acquisition de nouvelles compétences, de découverte de nouvelles méthodes de travail, de fierté. Plutôt que de donner de bons conseils, mettons-nous à l’ouvrage car en avril 2019, le groupe FABERNOVEL fait l’exercice difficile de rassembler ses 450 collaborateurs sous un même toit en tâchant d’apprendre de ses pairs et de s’approprier ces 3 tendances qui révolutionnent le monde du travail.

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