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Mar 7, 2019 | 8 min de lecture

Tendances

Le Mobile World Congress 2019 comme si vous y étiez

Louis Heron

Marketing & Development Manager


FABERNOVEL TECHNOLOGIES
Comme tous les ans depuis maintenant 13 ans, Barcelone accueille le Mobile World Congress (MWC). Entre showroom, centre d’affaires et congrès de dirigeants, c’est le rendez-vous incontournable des acteurs de l’industrie du mobile.

Hardware

Annoncé depuis plusieurs années, les smartphones se trouvent plutôt sur la fin de leur courbe d’innovation (la fameuse « S-Curve »). Ils changent peu – et surtout – ils se vendent moins à cause d’un taux d’équipement qui avoisine les 80% et d’un prix d’achat toujours plus élevé. En témoigne l’importance prise sur le salon par les sociétés de reconditionnement :

La principale réponse des constructeurs, pour redonner un second souffle aux ventes d’une interface qui peine à se réinventer ? Plier l’écran et permettre au smartphone de se transformer en tablette ! Android déclarait dès Novembre dernier supporter ce type d’écrans.

Depuis, plusieurs constructeurs ont annoncé leur version du smartphone pliable, et ceux qui étaient visibles lors du MWC (le Huawei Mate X et le Samsung Galaxy Fold) étaient les stars. Des stars que l’on ne pouvait toucher qu’avec les yeux malheureusement :

Pour rester dans la course des annonces à l’innovation, les principaux constructeurs se devaient de présenter un smartphone pliable lors du salon, mais ont préféré éviter de mettre entre les mains des testeurs des prototypes pas totalement finalisés.

On peut être dubitatif sur la pertinence d’un smartphone pliable qui coûte 2000€, mais force est de constater la prouesse technique derrière la possibilité de plier un écran plusieurs dizaines de fois par jour sans que celui-ci ne casse. Il était possible de constater les progrès fait sur la qualité des écrans “souples” sur le stand de Royole, le spécialiste du genre, ce qui laisse entrevoir des usages intéressants à l’avenir :

Et si plier les smartphones n’était pas la seule solution pour augmenter la taille de nos interfaces ? Plusieurs marques cette année présentaient des installations faites d’un ensemble de smartphones composant un grand écran. A quand la mise à disposition de cette fonctionnalité au grand public ? :

Si le fait de mettre en commun des écrans, afin d’en composer un plus grand, sera sûrement démocratisé par la standardisation de l’écran “edge-to-edge”, Blackberry ne semble pas vouloir être de la partie :

Au-delà de la capacité à plier l’écran, les constructeurs ont communiqué sur l’amélioration de la qualité de l’écran, la qualité des caméras et la puissance de calcul des processeurs (ce qui ouvre de nouveaux usages notamment autour de la réalité augmentée (AR) et du Machine Learning).

La grande tendance pour les caméras est de rajouter des lentilles pour améliorer la capacité de prise de vue du téléphone. Cela permet notamment de changer la profondeur de champ, le point de focus et la colorimétrie de la photo prise. Nokia en est à 5 lentilles grâce à son alliance avec la start-up light. Qui dit mieux ?

Caméra toujours : LG a annoncé un nouveau flagship, le LG G8 THINQ, dont les caméras 3D frontales et Z-camera offriront de nouveaux modes d’interactions avec son smartphone. Comme la fonctionnalité “Air Motion” qui permettra aux utilisateurs de contrôler leur smartphone à distance grâce à des gestes simples reconnus par les caméras :

Un dernier grand axe d’amélioration des smartphones dont nous n’avons pas encore parlé : la batterie ! À défaut de rendre celle-ci réellement plus performante en termes de temps de chargement et d’autonomie, Samsung a annoncé une fonctionnalité qui devrait faire prochainement partie des basiques : le partage de batterie entre téléphones et montres connectées.

 

Software

Du point de vue logiciel, pas de révolution annoncée, mais toujours beaucoup de communication, souvent à la limite du ridicule, autour du buzzword fourre-tout d’Intelligence Artificielle (IA) :

La réalité de l’IA dans les usages concrets s’appuie sur la qualité des capteurs des smartphones, toujours meilleure, et porte essentiellement sur la reconnaissance sous toutes ses formes (visuelle, textuelle, sonore, etc.) :

Plus prospectif, la reconnaissance visuelle permettra sûrement demain de collecter plus des données et de les interpréter sans capteur spécifique mais uniquement par l’analyse automatique d’images.

Aujourd’hui une simple caméra peut fournir une analyse complète et automatique d’un match de baby-foot, demain elle analysera, sans assistance, tous les gestes (passes clés, tirs, contrôles, etc.) de chaque joueur sur un terrain pour déterminer sa performance. Quand on connaît l’importance prise par les données dans le sport professionnel…

En plus du partage de batterie et de la reconnaissance visuelle intégrée par défaut, un troisième nouveau standard se dessine pour nos smartphones : le multitasking. Déjà présent sur tablette depuis quelques années, celui-ci ne devrait pas tarder à intégrer la plupart des versions mobiles des OS majeurs.

 

AR / VR / MR / SR

Si sur le salon la bataille aux innovations entre constructeurs de smartphones fait rage, une autre, toute aussi féroce, oppose les fabricants de casques et lunettes de réalité augmentée / virtuelle

Tout comme l’année dernière, beaucoup de stands s’appuient sur des démonstrations en réalité virtuelle (VR), augmentée (AR), mixte (MR), étendue (XR) ou encore simulée (SR) pour démontrer les progrès de leur technologie : puissance de calcul des puces chez les fabricants de composants, 5G à venir chez les opérateurs ou encore qualité des écrans chez les constructeurs.

Parmi les appareils tout-en-un, le Hololens 2 de Microsoft, dévoilé en amont du salon, était l’attraction star à tester :

La grande promesse de ce nouveau casque est de faciliter la réalité mixte (MR) : être en mesure d’interagir avec des objets virtuels placés dans un environnement réel, et ce directement avec les mains grâce à la technologie de suivi des gestes très précis, et ce, en temps réel :

L’ultime objectif pour les technologies immersives – AR, VR, etc, est de devenir accessible à tous pour entrer dans les usages. Elles devront relever les défis de la taille et le poids des appareils, le confort à l’utilisation, le prix d’achat, la possibilité d’utilisation en mobilité et l’intégration à un écosystème applicatif existant.

Sur le stand du fabricant de puce Qualcomm il était possible de tester les lunettes nReal Light et le casque Acer Viewer, les deux premiers produits de son écosystème « XR Viewers ». Il s’agit de périphériques compatibles avec la dernière puce mobile de Qualcomm, le Snapdragon 855, qui se connectent en filaire avec un smartphone pour permettre aux utilisateurs de vivre des expériences AR/VR en mobilité.

5G

L’autre star du MWC avec les smartphones pliables était déjà présente les précédentes éditions et se fait toujours attendre dans notre vie quotidienne : la 5G !

Tout comme l’année dernière impossible de passer à côté durant le salon. Absolument tous les stands affichaient le mot “5G” le plus ostensiblement possible avec des slogans tels que “5G is now” ou “5G ready”.

Rien de très nouveau sous le soleil en termes d’annonce et les promesses restent les mêmes. La diminution de la latence (25ms pour la 4G contre 1ms pour la 5G) et l’augmentation du débit de données (125Mo/s contre 10Go/s) permettront d’effectuer des calculs lourds dans le cloud pour pousser les résultats en temps réel sur les interfaces des utilisateurs. Les casques de VR seront alors sans-fil et nos consoles de jeux ne seront que des boîtiers de réceptions d’images calculées à distance.

Conclusion

En conclusion, l’édition 2019 du Mobile World Congress ressemblait beaucoup à l’édition 2018. Pas de bouleversement majeur d’un écosystème devenu très mature en l’espace de 10 ans. Les innovations sur le hardware n’ont rien de révolutionnaire et se limitent à l’amélioration continue des capteurs, des écrans et de la puissance de calcul. Les écrans pliables ne sont que de la poudre aux yeux pour se différencier sur un marché devenu extrêmement commodisé.

Une fois encore le grand absent du MWC était le software. C’est du software que l’innovation viendra, car s’il devient de plus en plus aisé de collecter des données encore faut-il en faire quelque chose ! Et quelque chose d’utile. À l’heure où les utilisateurs cherchent à passer moins de temps inutile sur leur smartphone et sont soucieux de l’usage fait de leurs données, tout est à (ré)inventer, et ce n’est certainement pas un écran pliable qui répondra à leurs aspirations.

Notre conviction reste que le mobile a de beaux jours devant lui avant qu’une nouvelle interface ne vienne vraiment changer nos usages, car plus il avance et plus il devient le capteur de données ultime, nous offrant toujours plus de super pouvoirs dans notre poche. Reste à savoir ce que nous ferons de ces supers pouvoirs.

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