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Dec 17, 2018 | 6 min de lecture

Tendances

Comment la Silicon Valley réinvente l'apprentissage ?

Lonjino Lazcano

Senior Project analyst


AMERICA
Pour les géants technologiques, permettre à leurs employés et aux étudiants du monde entier d’acquérir de nouvelles compétences représente un enjeu majeur. Ces entreprises savent que l’éducation est la clé de la croissance des marchés et du progrès technologique. L’apprentissage et le développement professionnel continu font partie des piliers de la Silicon Valley et ses organisations sont résolues à en faire une priorité mondiale.

La Silicon Valley n’est pas la seule à reconnaître l’importance du développement de la formation continue. Les jeunes, de manière générale, ont bien conscience de la nécessité de toujours continuer à apprendre. Selon une enquête réalisée par Manpower, 93 % des Millenials considèrent que le développement continu des compétences est essentiel pour leur future carrière et sont prêts à investir leur propre argent pour continuer à se former. Cette génération sait que la nature même du travail connaît des transformations profondes et que les compétences nécessaires dans 5 à 10 ans ne seront plus les mêmes qu’aujourd’hui. La nouvelle économie se développe plus rapidement qu’auparavant. Les talents doivent donc apprendre en permanence afin de s’adapter à ces évolutions.

Ayant pris toute la mesure de la situation, la Silicon Valley et de nombreux entrepreneurs cherchent à accélérer l’apprentissage par le biais des technologies. Nous décrirons ici deux tendances mises en lumière par nos recherches actuelles sur le marché de l’apprentissage et du développement.

Les outils interactifs propagent une culture de l’apprentissage pratique

La culture de l’interactivité a commencé à apparaître avec le phénomène de la gamification. Entreprises et écoles ont recours à la gamification pour rendre l’apprentissage plus attrayant et favoriser la rétention des acquis. L’industrie cherche à présent à créer des situations d’apprentissage interactif intégrées à des « micro-moments » du quotidien. Du fait des avancées technologiques récentes, la manière dont nous apprenons n’est déjà plus la même qu’il y a 5 ans. Nous pouvons à présent utiliser notre téléphone pour visualiser des hologrammes détaillant l’anatomie et la physiologie humaine dans notre chambre, déambuler virtuellement dans les rues de Rome depuis une salle de classe, et découvrir des contenus pédagogiques numériques cachés tout en nous promenant dans des espaces physiques.

Les assistants vocaux illustrent parfaitement cette vague de technologie interactive qui touche les utilisateurs du monde entier. Google et Amazon ont récemment lancé des initiatives visant à encourager les éditeurs à créer du contenu pédagogique interactif. Amazon a par exemple lancé le Alexa Skills Challenge qui incite les entreprises à créer des applications susceptibles d’avoir un impact positif sur l’environnement. D’autres concours avaient déjà été organisés précédemment autour de thèmes tels que l’impact social, la FinTech, etc. Les Skills Alexa proposent un catalogue de compétences interactives de CNN, la BBC, This Day In History, Word of the day, Ted Talks, Question of the Day, Jeopardy!, et bien d’autres encore. 

La réalité augmentée est un autre outil pédagogique qui progresse rapidement sous l’impulsion d’initiatives récentes telles que les plateformes ARCore de Google, ARKit d’Apple ou encore le casque Magic Leap One.

Dans cette vidéo, nous pouvons voir comment, grâce à l’ARCore de Google, des élèves peuvent se déplacer dans une salle de classe et explorer des objets virtuels statiques dans l’espace, ce qui leur permet d’apprendre par le biais d’interactions physiques avec le monde virtuel. Imaginez comment se déroulera à l’avenir la formation des plombiers, des techniciens, des mécaniciens ou des ouvriers du bâtiment ? Grâce à des initiatives telles que les plateformes ARCore de Google et ARkit d’Apple, l’environnement est prêt à connaître une croissance rapide, alimenté par du contenu généré par les utilisateurs. Les prévisions actuelles estiment que la réalité augmentée comptera 1 milliard d’utilisateurs d’ici 2020.

En dehors de l’univers technologique, les sociétés de la Silicon Valley n’oublient pas les méthodes et outils d’apprentissage en présentiel. Elles sont les chefs de file d’initiatives tels que les programmes d’incubation, les ateliers de design thinking, etc. Ainsi, d’anciens employés et concepteurs de Google Ventures ont mis au point en 2016 une méthodologie appelée Design Sprints, qui commence enfin à prendre son essor. Un « design sprint » est un processus limité dans le temps (généralement 2 semaines) qui adopte une approche de design thinking pour permettre à une équipe transverse de créer des MVP (produits minimums viables) testés par les utilisateurs. Les employés de Google ont élaboré cette méthodologie afin de permettre aux équipes transverses de résoudre plus rapidement une problématique donnée. Par ailleurs, les créateurs des Design Sprints ont également remarqué que ces sessions renforçaient l’engagement des employés et développaient leurs compétences. Les employés acquièrent des compétences en matière de prototypage, de tests d’utilisabilité, d’entretiens consommateurs, etc., qu’ils transmettent ensuite à leurs collègues. L’équipe en a conclu que, pour intégrer efficacement des acquis, rien ne vaut l’expérience concrète.

L’éducation n’a jamais été aussi accessible

Le marché de l’éducation a historiquement pâti de problèmes d’accessibilité. Heureusement, les avancées technologiques permettent aux étudiants d’accéder plus facilement à un contenu de qualité adopté à leurs besoins. En voici quelques exemples récents :

Nous assistons au développement d’écoles alternatives qui exploitent la technologie pour réinventer le fonctionnement des environnements pédagogiques. Alt-School, créée par un ancien employé de Google en 2014, est un parfait exemple d’organisation orientée données qui utilise des caméras, des capteurs, des applications et d’autres outils de mesure pour fournir des leçons personnalisées à chaque élève. Les données recueillies incluent des données d’évaluation des élèves, des informations sur les parcours des utilisateurs et sur le niveau de popularité des contenus, ainsi que des informations de profil, notamment biométriques. Les données recueillies apportent à AltSchool des renseignements précieux : utilisation hebdomadaire des applications par les parents, rapports sur les stimuli déclencheurs des comportements des élèves grâce à l’analyse des données des caméras, intérêt suscité par le contenu mesuré grâce à des données de reconnaissance faciale, performances des professeurs en salle de classe, etc. Cette plateforme logicielle intègre des fonctionnalités pédagogiques et d’autres qui ont trait à la gestion de l’école.

Alt-School a récemment dû fermer deux écoles en raison de contraintes financières, mais n’en continue pas moins de tracer son chemin. Après les difficultés suscitées par son business model initial (nécessitant le paiement de frais de scolarité), la société s’est tournée vers la concession sous licence de leurs outils et logiciels exclusifs de grande qualité. Pour continuer à avancer, elle a donc commencé à commercialiser ses logiciels auprès d’écoles publiques afin d’améliorer sa situation financière.

Les entreprises utilisent l’apprentissage en micro-séquences pour améliorer la façon dont les utilisateurs apprennent en s’appuyant sur des retours d’expérience instantanés. Ainsi, des start-ups telles que Grovo utilisent des vidéos pour favoriser la progression du micro-apprentissage. Spécialisée en création de contenu vidéo de micro-apprentissage, la start-up new-yorkaise a levé 73 millions de dollars afin de développer une plateforme de formation destinée aux employés. Pour rendre ses formations en ligne pratiques et attrayantes, Grovo crée de courtes vidéos de 144 secondes ou moins qui visent à améliorer les compétences des employés sur le long terme. Partant du constat que les cadres sont ceux qui ont le moins de temps disponible pour participer à des ateliers, et qui ont pourtant le plus besoin de formation, l’entreprise lance actuellement des initiatives pour former de nouveaux cadres par le biais de sessions de micro-apprentissage.

Les salles de classe ne suffisent plus…

Désormais, l’éducation ne se limitera plus à l’enseignement en salle de classe. C’est un fait. Les jeunes doivent désormais s’investir en permanence pour se développer et se donner les moyens de progresser professionnellement. Cet investissement exige un volume conséquent d’énergie et de ressources. Nous devrions donc assister à l’essor de start-ups qui rendent l’apprentissage plus facile et plus accessible.

Dans le contexte de la nouvelle économie, nous devons être capables de nous adapter rapidement. Il nous faut pour cela optimiser notre temps d’apprentissage et pour y parvenir, le seul moyen consiste à pouvoir apprendre n’importe où, n’importe quand.

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