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Dec 20, 2017 | 4 min de lecture

Tendances

#20 Smart cities

Julien Breitfeld

Data Architecture Director


FABERNOVEL INNOVATE
C'est bientôt [faber] Noël ! En attendant, nous vous révélerons chaque jour un mot qui a fait 2017, décrypté par notre Data Architecture Director Julien Breitfeld.

Pour FABERNOVEL INNOVATE, notre Data Architecture Director Julien Breitfeld revient sur les grandes thématiques de l’année, qui ont alimenté nos discussions Slack et engendré nos plus beaux débats…

[DISCLAIMER
Les opinions présentées dans cet article sont celles de notre Data Architecture Director, et elles promettent de générer de nombreuses discussions en interne. Parce que chez FABERNOVEL, c’est aussi le débat qui nous anime…
Découvrez le point de vue de Julien, et faites-nous part du vôtre !]

Aujourd’hui, tout est smart. La ville bien sûr, mais l’IA surtout. Et tout est disrupté, scalé à l’échelle de la planète. Cela porte un nom : l’automatisation.

La révolution numérique n’est ni plus ni moins que l’automatisation accrue des tâches d’un SI humain. Mais ce qui était réalisé sur des communautés hétérogènes d’humains, dans des périodes de développement différentes, est désormais déployé en temps réel sur des milliards d’individus. Les réactions à ce qu’on nomme « modernité » sont toujours violentes, mais certains ont déjà vécu des situations similaires à des époques et sur des continents différents (droit de vote des femmes, sécularisation de la société, éradication de maladies…). Nous vivons désormais dans un monde où les SDF comme les populations illettrées chinoises disposent d’un téléphone mobile. La technologie, c’est de la magie.

La smart city, telle qu’elle est pensée et vendue, c’est avant tout l’optimisation de l’organisation de la ville. Eugène Poubelle aurait pu être un start-uppeur, mais ce sont les municipalités qui ont organisé le SI de la collecte des ordures après la généralisation du conteneur qui prévoyait déjà leur tri (celle pour le verre accueillait également la faïence et les coquilles d’huîtres).

De fait, si les métropoles sont organisées parce qu’elles ont les moyens de disposer d’une administration pour des services, les villes de moindre importance ne le sont pas. Quant aux métropoles, elles adaptent leur système à un écosystème, le leur (uniformité des horaires de ramassage d’ordures, d’allumage des réverbères, parkings territorialisés) et créent donc des règles communes, régies par des administrations.

Le développement de la smart city va être dans un premier temps la mise à niveau de territoires délaissés, endettés ou pauvres, avec la fourniture de solutions qui ne coûtent que leur exécution et pas leur administration ; on est clairement dans une logique SAAS, pay as you consume. On rationalise, individualise et « agilise » ; on est clairement dans une plateforme logicielle de type GAFAM (voir l’Etat plateforme).

À moyen terme, c’est égaliser les territoires en termes d’offres de services ; à long terme, c’est fournir des prestations égales à n’importe quel citoyen, comme il a déjà accès au téléphone sur tout le territoire.

Le corollaire, c’est que toutes ces entités, communautés comme individus, vont consommer, produire et faire circuler de la donnée.

Le corollaire, c’est la création d’un vrai « grid », territorialisé, avec des nœuds captant et émettant de la donnée en continu ; donnée servant de KPI, d’indicateurs, ou de boucle de rétroaction visant à créer la fameuse « régulation algorithmique » qui fait tant couler d’encre.

Si le smart, c’est la donnée, la city, c’est la structure. Encore une fois, les GAFAM sont bien placées pour capter la valeur, puisqu’elles maîtrisent les infra. Néanmoins, le modèle qui se cale sur celui d’Internet n’est pas authentique : le réseau n’est pas décentralisé. Pour autant, cette structure sans centre existe : c’est le réseau bitcoin, déployé via la blockChain. Au 18/01/2016, la puissance déployée sur le réseau bitcoin pour gérer 393.000 blocks représentant 15 millions de bitcoins et 504 millions de transactions est de 10 zetaFlops. A titre d’exemple, l’ordinateur le plus puissant du monde, Tianhe-2, a une capacité de calcul de 33 petaFlops ;

Des initiatives, commencées avec les réseaux de type emule ou torrent, commencent à voire le jour ; ainsi, un moteur de recherche, http://yacy.net/fr/, propose d’indexer le web, à l’aide de chacune des capacités de calcul de ses utilisateurs. Si l’initiative, portée par des geeks barbus, peut faire sourire, ce n’est pas le cas du consortium openFog, qui envisage de créer un cloud dans un framework.

C’est que l’internet des objets va nécessiter des puissances de calcul phénoménales, et que leur interconnexion produire de nouvelles masses de données. Mais il s’avère que la numérisation du monde entraine l’introduction de processeurs dans tous les objets du quotidien, à commencer par la voiture (à titre d’exemple, le processeur équipant la Tesla a une puissance de calcul de 8 Teraflops). Et l’une des pistes de peerComputing est de mettre à profit ces capacités de calcul à d’autres équipements que la voiture elle-même. Lorsque Musk envisage un « neural net », il est évident que les automobiles vont dans un premier temps communiquer entre elles. Or, cette puissance de calcul distribuée fait saliver des investisseurs, qui parlent déjà de « data on wheels ».

Le smart grid distribué et mobile, voilà le vrai sens des autoroutes de l’information.

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