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Dec 19, 2017 | 4 min de lecture

Tendances

#19 Chine

Julien Breitfeld

Data Architecture Director


FABERNOVEL INNOVATE
C'est bientôt [faber] Noël ! En attendant, nous vous révélerons chaque jour un mot qui a fait 2017, décrypté par notre Data Architecture Director Julien Breitfeld.

Pour FABERNOVEL INNOVATE, notre Data Architecture Director Julien Breitfeld revient sur les grandes thématiques de l’année, qui ont alimenté nos discussions Slack et engendré nos plus beaux débats…

[DISCLAIMER
Les opinions présentées dans cet article sont celles de notre Data Architecture Director, et elles promettent de générer de nombreuses discussions en interne. Parce que chez FABERNOVEL, c’est aussi le débat qui nous anime…
Découvrez le point de vue de Julien, et faites-nous part du vôtre !]

La Chine est passée de l’atelier du Monde, produisant majoritairement pour l’export, à une nation qui se développe en faisant croître sa classe moyenne.

 

Le dirigisme chinois, qui est toujours officiellement un régime communiste, a très habilement fait sa mue et intègre désormais une économie de type capitaliste : c’est le socialisme de marché.

De fait, il règne une certaine ambivalence dans le rapport qu’entretient l’Etat avec ses administrés ; le MIT célèbre ainsi la liberté des consommateurs lorsqu’on parle du choix des smartphones, dans un pays où la parole n’est pas libre et la répression de la critique permanente.

Néanmoins, la Chine a totalement maîtrisé le développement technologique, et est passé du statut de prestataire à celui d’innovateur, portant ses propres GAFA, les BATX, dans la cour des plus grosses valorisations boursières (ainsi, en novembre de cette année, Tencent, propriétaire de Wechat, détrônait un instant Facebook). Pour autant, la vitesse de développement est telle que les géants naissent et meurent à une vitesse phénoménale ; par exemple, Xiaomi, le X de BATX, promis jusqu’à l’année dernière à devenir le Apple chinois, s’est rapidement fait détrôner par Oppo dans le marché des smartphones.

 

Les GAFA chinois ont profité des barrières fortes à l’entrée de leur propre territoire, et l’appétit des industriels pour la main d’œuvre bon marché pour effectuer des transferts de technologies gigantesques. Désormais, la Chine produit ses propres TGV, qu’elle commercialise en Europe – en République Tchèque par exemple -, vient de lancer son avion gros porteur, le C919, concurrent d’Airbus et Boeing. Et surtout, elle passe, d’après le BCG, devant les USA en termes d’investissements pour l’innovation.

 

En réglementant drastiquement les usages du web, en interne, en interdisant l’accès de son marché aux GAFA, la Chine a réussi à faire éclore son propre écosystème numérique qui se pose en rival de la Silicon Valley. Ainsi, le très connu « Great Firewall of China » permet à la fois de bloquer les GAFA sur le territoire (quelques 3000 sites sont inaccessibles), mais également d’éviter la propagation d’idées du monde extérieur. Twitter, ou Facebook, mais aussi Le Monde ou Bloomberg ne sont pas accessibles en Chine, pays qui a également déployé le « Golden Shield Project », large assemblage de technologies permettant de surveiller toute sa population.

De fait, l’économie numérique est extraordinairement vivace, et repose quasi exclusivement sur des entreprises chinoise ; dans un pays qui voit l’explosion de sa classe moyenne, le paiement mobile a atteint en 2016 38 trillion yuan (US$5.5 trillion, HK$43 trillion), soit plus de la moitié du PIB.

A l’international, la Chine entend jouer dans la cour des grandes puissances post WWIII, avec une banque concurrençant le FMI ou la BAD, la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB, Asian Infrastructure Investment Bank). Les objectifs de la banque s’inscrivent dans le grand projet dit communément « Route de la Soie », mais dont le nom original intègre bien les prétentions de Pékin : One Belt, One Road… Toujours des murs….

Le pays est mal connu des occidentaux, du fait de sa culture qui va à l’encontre des systèmes monothéistes judéo-chrétiens. Ainsi, on peut appréhender la volonté de Pékin de « noter » numériquement ses citoyens comme un projet Orwellien, tirant vers Black Mirror. On peut également considérer qu’il s’agit d’une extension d’une pratique millénaire, le Guanxi.

Ceci étant, en règlementant à la fois les investissements et en circonvenant les cultures étrangères sur son sol, la Chine peut se targuer de faire jeu égal avec les USA dans le numérique, voire de prendre l’ascendant sur le géant capitaliste.

Pour le moment, le terrain de jeu des GAFAM chinois est son propre territoire, grâce à une population de 1,3 milliards d’individus aspirant à l’ascension sociale. Mais l’afflux de capitaux permet à ces nouveaux entrants d’investir massivement à l’Ouest, à l’image d’Alibaba qui a investi près de $800 millions dans MagicLeap l’an dernier, ou de Tencent, qui a racheté l’éditeur de jeux à Softbank pour $8,6 milliards.

Néanmoins, il ne faudrait pas réduire la force de frappe chinoise à la nouvelle économie ; les investissements en Europe ont représenté quelques €35 milliard en 2016.

La Chine s’est éveillée….

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