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Sep 26, 2017 | 4 min de lecture

Tech

Mantra : le business contraint la technologie

Van Ngu

Chief Operations Officer


FABERNOVEL TECHNOLOGIES
Les entreprises ont un attachement quasi irrationnel aux technologies qu’elles se sont choisies, même quand ces technologies les conduisent à faire des choix dangereux pour leur croissance. Le business contraint la technologie, c’est une formule aussi philosophique que pragmatique et efficace pour sortir des ornières d’une fausse transformation digitale dans laquelle le tissu productif français semble s’être embourbé.

Minute de silence aux victimes des technologies génériques

Parfois, il nous arrive de penser à toutes ces bonnes idées, à toutes ces potentielles innovations, à tous ces nouveaux marchés, qui n’ont jamais existé. Il nous arrive d’avoir une pensée émue pour tous ces directeurs de produits, ces responsables marketing, ces chargés de communication, ces directeurs de la publicité, ces départements commerciaux, ces inventeurs, ces bidouilleurs, ces génies, renvoyés dans leur 22.
Mais toute notre affection va aussi aux directeurs des systèmes d’informations sacrifiés sur l’autel des progiciels d’entreprises et cadenassés par des contrats d’éditeurs tentaculaires. Tous ceux qui n’ont eu d’autres choix que de croire aux promesses d’une transformation dans les limites imposées par d’autres.
Et ne croyez pas que l’on songe uniquement aux secteurs traditionnels. Même les plus digitaux sont en passe d’atteindre leurs limites. Pourquoi ? Parce qu’ils ont justement toléré, accepté et embrassé ces limites.

À tous ceux qui pensent qu’à l’impossible, nul n’est tenu, FABERNOVEL TECHNOLOGIES souhaite leur adresser ses condoléances. Et leur offrir une minute de silence.

Mon cœur de métier ? Quel cœur de métier ?

Qu’est-ce que la disruption positive, au fond, si ce n’est se lancer dans quelque chose dont on se croyait incapable ?
Au hasard, prenez de nombreux constructeurs automobiles. A première vue, leur production de valeur porte sur les véhicules n’est-ce pas ? Mais en sommes-nous si sûr ? Ne serait-ce pas plutôt le leasing ? Ou bien, maintenant, la conception de software pour la voiture intelligente, connectée, autonome, à destination de partenaires ?
Qu’est-ce qui fera demain la valeur de ces constructeurs et plus encore, le savent-ils bien eux-même ? Non peut-être pas, c’est d’ailleurs ce que l’on aime à concevoir comme la vallée du désespoir, cette longue traversée dans l’inconnu sans boussole. Et pourtant, ils se sont lancés, comme tant d’autres. Avec une seule question en tête : que veulent mes clients ?

Que veulent mes clients ? Et non pas, que m’autorisent mes logiciels ? C’est du bon sens nous direz-vous et pourtant, pourtant, c’est à cette seconde question que nous nous heurtons à longueur de temps.
Les uns ont déployé des Salesforce et des Dynamics dans toute l’entreprise à coup de millions d’euros. Et parce qu’il leur a fallu des années pour en maîtriser le fonctionnement, c’est désormais dans le périmètre exigu du CRM que l’innovation est censée fleurir.

D’autres ont cru à l’idéal d’une solution e-commerce générique, à configurer, comme Magento. C’est merveilleux, tous les sites marchands en ligne se ressemblent. Pire ! Si l’entreprise veut sortir du sentier balisé du prêt-à-vendre ou du catalogue de produits en ligne, les meilleurs développeurs y perdront leur latin. Ne cherchons surtout pas à accompagner l’expérience client, le générique n’est pas conçu pour ça.

Peut-être commencez-vous à concevoir ce qui apparaît en filigrane. Oui, ces 15 dernières années, vous avez tous été invités à vous « recentrer sur votre cœur de métier ».
C’était oublier qu’un cœur de métier évolue. Et ce, dans le meilleur des cas. Pour beaucoup d’autres, ça n’évolue déjà plus, le métier s’est déjà métamorphosé, sous l’effet de l’hyper concurrence des entreprises digitales et de la pression d’un public de consommateurs immédiatement séduit par de nouveaux vecteurs sans contraintes.

Le besoin client d’abord. La technologie idéale, après.

L’attachement irrationnel de l’entreprise pour ses technologies la conduit à s’identifier à elles et à perdre l’entier contrôle de sa nécessaire évolution.

Revenons à une entreprise que nous connaissons bien et que nous aimons. Radio France. Que nous dit-on de Radio France dès les premières lignes ? Née en 1975 de l’éclatement de l’établissement public ORTF, Radio France est une société nationale de radiodiffusion, constituée sous la forme d’une société anonyme à capitaux publics dont l’État est l’unique l’actionnaire.

Quelque chose cloche, vous ne trouvez pas ?

Sémantique, état d’esprit, Radio France a l’apparence d’une vieille dame, digne mais qui ne s’imagine pas un autre modèle d’affaire que celui qu’elle porte depuis plus de 40 ans.

Pourquoi pas, tant qu’un monopole existe. Mais quand demain, nos autoradios se connecteront directement à Spotify, Deezer et consorts, nous serons bien malheureux de ne pas y retrouver les podcasts de Radio France. Lutterons-nous pour une entreprise qui a toléré ses propres limites ?

Le business contraint la technologie. Cette phrase doit devenir notre mantra.
Êtes-vous de ceux dont le marché est entamé et malmené par les GAFA et autres licornes ?
Êtes-vous de ceux dont la vision ne peut pas s’exprimer librement ?
Êtes-vous de ceux prêts à évoluer vers de nouveaux marchés, quitte à faire radicalement autrement ?
Alors, rappelez-vous que le concept de cœur de métier n’a pas de sens. Vous ne savez pas ce que sera votre métier dans quelques années. Et vous le saurez encore moins si dès aujourd’hui, les entreprises ne se libèrent pas des logiciels métiers notamment propriétaires qui les sclérosent et les condamnent à refaire toujours de la même manière.

Tout commence par le besoin d’un client auquel on répondra de la meilleure manière qui soit et non grâce à une solution sur l’étagère, certes disponible mais qui tombera à côté, forcément. Il est urgent de réintroduire dans l’entreprise l’amour du développement, pour et avec les métiers. Demain, peut-être, serez-vous alors une société softwarisée au bon sens du terme. Et nous parions que ce sera pour votre plus grande satisfaction.

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