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Aug 31, 2017 | 14 min de lecture

Tech

Le retour du Minitel

Julien Breitfeld

Data Architecture Director


FABERNOVEL INNOVATE
S’il est quelque chose que l’on ne peut enlever à Jeff Bezos, c’est son opiniâtreté. Le géant – l’ogre – du eCommerce, non content de son exposition via les navigateurs, a régulièrement tenté d’intégrer dans sa chaine de distribution des matériels physiques afin de contrôler de bout en bout l’expérience d’achat. Son plus grand succès reste le Kindle, plateforme propriétaire d’achat de livres numériques (encodés selon un format également propriétaire, azw), mais il ne doit pas occulter les flops du Fire Phone et de la Fire TV.

Néanmoins, l’échec est tellement intégré au processus de développement d’Amazon que son patron a pu déclarer sans risque de panique boursière :

“If you think that’s a big failure, we’re working on much bigger failures right now — and I am not kidding

En dépit de ces flops, Jeff Bezos a perduré dans sa volonté d’installer le magasin directement chez le consommateur. Et c’est avec Echo qu’Amazon a touché le jackpot, surfant sur la vague de l’intelligence artificielle, des assistants personnels et de leur féminité rassurante.

Amazon Echo est donc un boitier Wifi installé chez soi, qui, répondant à la voix, donne l’heure, la météo, permet de régler une alarme, de passer des appels, de jouer, de contrôler ses objets connectés, de réserver son Uber, d’écouter les infos… et de commander sur Amazon. Echo, personnifié par une IA appelée Alexa, est l’archétype de l’économie de plateforme des GAFA. Et il incarne à merveille la transformation de l’expérience de vente, qui se mue petit à petit en un service.

Echo est également pourvu de son propre écosystème, le « skills Store ». Comme ses compétiteurs GAFA, il s’agit d’une plateforme permettant de télécharger les applications nécessaires à l’exécution des services (appelés des « skills »). Ces derniers peuvent être développés par des tiers, et, parce que l’économie de plateforme est totalement maitrisée par l’autre géant de Seattle, l’hébergement du code des « skills » s’effectue sur son infrastructure technique, AWS (Amazon Web Service). Le modèle économique diffère de celui des appStores Android et IOS, puisque Amazon propose non pas des applications, mais des services. Il n’y a donc pas à proprement parler de monétisation des applications, hors le service lui-même ; ainsi, Spotify, qui propose son service sur le « skills Store », ne paie pas de redevance à Amazon sur l’abonnement de ses clients, à l’inverse du store d’Apple. Néanmoins, la majorité des applications est le fait de développeurs indépendants.

Après le succès de vente de l’Amazon Echo (décliné en 3 versions, Echo, Echo Dot et Tap, rechargeable), l’entreprise vient de sortir une évolution majeure : le boitier purement audio se voit enrichi d’un écran tactile. Appelé Echo Show, le dispositif s’appuie toujours sur le « skills Store » et les interactions vocales de l’IA, mais permet désormais de visualiser le résultat d’une application. Nous y reviendrons.

La stratégie d’Amazon est bien connue de l’industrie des consommables, des imprimantes par exemple. L’objet est vendu à bas prix (peut-être même à perte), afin de s’asseoir de façon exclusive dans les habitudes clients et de proposer ensuite, toujours de façon exclusive, produits et services. En cela, la politique agressive d’Amazon est patente : lors des Prime Day, on pouvait trouver des Echo Dot à $39.99 (au lieu de 49,99, soit avec une réduction de 20%) ; le Echo Show était vendu lui aussi avec une réduction à l’unité de $50 pour un prix de $230 (mais il fallait en acheter 2).

En l’absence de communication claire de la part d’Amazon, les analystes s’écharpent sur les chiffres de vente de ces assistants … de vente, oscillant entre 11 et 18 millions d’unités pour le seul marché américain. Selon une étude de Gartner, les assistants vocaux (Amazon Echo et Google Home) équiperaient 7% des foyers américains, et devraient en équiper 75% en 2020. Déjà, le Amazon Echo serait responsable de $279 millions d’achats pour l’année 2016, et on estime les achats pour 2017 à $877 millions.

 

Installation

Echo Show se présente sous la forme d’un bloc compact, noir ou blanc, dont la façade inclinée fait la part belle à un écran tactile, et laisse apparaître une caméra au-dessus. Sa configuration s’effectue à l’aide de l’application Alexa, disponible sur les stores Apple, Android, et bien entendu sur Fire OS, l’OS d’Amazon équipant la tablette Fire.

À l’intérieur, on trouve un processeur Intel Atom x5-Z8350, supportant le Wifi (802.11a/b/g/n à 2.4GHz et 5GHz), ainsi qu’un dispositif Bluetooth non spécifié. Son OS n’est pas non plus indiqué, mais il semblerait qu’il soit une version d’Android présente sur les tablettes Fire.

(DR)

L’installation nécessite une prise de courant, et une connexion Wifi. Elle s’effectue en deux temps, via l’appareil lui-même et l’application sur téléphone mobile, et requiert de posséder un compte Amazon (pour le moment limité à un compte américain) ; un système d’authentification en deux étapes valide ensuite la procédure via un code envoyé sur le téléphone mobile. Le numéro de mobile n’est pas obligatoirement américain, mais il permet de lier une personne, le possesseur, et surtout son carnet d’adresse qu’il propose d’importer.

(DR)

 

La configuration sur l’appareil en lui-même est assez sommaire ; on peut y régler la luminosité, les écrans de veille, les notifications, certains paramètres de restrictions, ou encore passer l’appareil en mode « ne pas déranger ».

Pour profiter pleinement de son Echo Show, il faut passer par l’application Alexa (non disponible sur les stores français), qui fait – encore, mais pour combien de temps – l’interface.  

Cette dernière est très simple et fonctionnelle et renferme 3 éléments principaux :

  • Une home page, qui affiche l’historique des interactions avec Alexa, et des idées de questions à poser à l’IA d’Amazon
  • Une page « Settings », qui permet d’installer des apps sur l’appareil, et de les configurer
  • Une page « Conversations », qui permet d’appeler des contacts et d’envoyer des messages

Source: Amazon

 

L’application Alexa intègre tous les appareils « Amazon Echo » qui sont liés à un compte. On peut donc configurer chaque Echo, qu’il soit avec ou sans écran, pourvu qu’il leur soit donné un nom différent.

 

Features

Toutes les applications, appelées « skills », sont disponibles dans un store. Amazon fait la part belle aux applications liées à la vidéo et à la musique, mais n’est pas exclusif quant à l’intégration dans le Echo. On peut par exemple choisir de lier son compte Spotify plutôt qu’Amazon Music.

Source: Amazon


Le « skills Store » recense plusieurs milliers d’applications, développées dans un premier temps pour une exploitation vocale, en entrée comme en sortie. Avec l’apparition de l’Echo Show, certaines applications permettent désormais de montrer des images, voire de la vidéo. C’est le cas pour les applications liées aux actualités, comme CNBC, Reuters ou la BBC, qui proposent des formats de type « Flash Briefing » de 2 à 3 minutes.

L’écran de l’Amazon Echo Show prend tout son sens avec la fonctionnalité d’appel. Déjà déployée sur les devices seulement audio, le téléphone se mue en visiophone et concurrence de fait les applications comme faceTime ou skype. Le dispositif est encore plus intéressant lorsqu’on voit que l’application Alexa permet également de passer ou recevoir des appels, et plus intriguant quand on apprend qu’Amazon travaille sur une application nommée Anytime, permettant les appels audio et vidéo, les messages textes, et surtout, l’appel de ses correspondants par leur nom.

Car l’application Alexa, lors de son installation, demande à accéder à vos contacts. Elle va ensuite déterminer qui détient un dispositif Echo, et vous permettre de les appeler, en audio, ou en vidéo. D’ailleurs, et c’est son positionnement principal, Echo est présenté comme le successeur du téléphone filaire, anti-mobile par excellence car positionné au cœur du foyer, et disponible pour toute la famille. C’est précisément le message du clip de présentation, où Echo Show présente maris, femmes, enfants, et grands-parents réunis autour de l’objet. Et c’est également en pensant aux usages familiaux qu’a été déployée une fonctionnalité assez intrusive au premier abord, mais plutôt maligne : le Drop In. Drop In permet d’appeler son correspondant et de le connecter sans qu’il ne décroche, un dispositif opt-out donc, puisque c’est au correspondant de refuser l’appel dans une période de temps précise. Sans son intervention, l’appel est considéré comme autorisé et l’image, comme le son, sont disponibles sur les Amazon Echo, Echo Show et Alexa.

Cette fonctionnalité peut être désactivée, mais elle prend tout son sens pour les publics concernés : personnes âgées, enfants, l’appelant peut entrer en contact avec des populations diminuées, voire les surveiller. On peut également penser Drop In comme une fonctionnalité d’intercom, qui permet d’indiquer que le diner est prêt, lancer le baby phone ou déclencher une surveillance de son logement depuis l’extérieur.

Mais Amazon Echo Show ne se contente pas de remplacer le téléphone, et d’exposer des applications qui dialoguent avec l’utilisateur : il est aussi pensé pour être le hub de la maison connectée.

 

Hub domotique

Selon CB Insights, Amazon est le premier investisseur dans les matériels de type maison connectée. Et Echo se pose comme le hub du foyer, pensé pour remplacer le hub actuel, figuré par le téléphone mobile. En unifiant tous les services dans une seule interface physique, contrôlée par le langage naturel, Echo standardise les accès et la prise en main de tous les matériels connectés. Comme pour son supermarché Amazon GO, l’expérience devient sans couture.

Source: CB Insights

 

C’est ainsi que la « Domotique » se voit dédier un slot propre, et, non content d’intégrer la majorité des objets connectés du marché, permet de les organiser et de les gérer.

Source: Amazon


On peut ainsi grouper des appareils dans des pièces, ou selon des caractères liés (la lumière de la porte d’entrée avec sa serrure connectée par exemple). La fonctionnalité « Scène » détaille quant à elle des sortes de scripts qui peuvent être appliqués aux objets. Ces scènes sont fournies par les constructeurs, comme par exemple une ambiance « coucher du soleil » qui fera varier l’intensité et la couleur d’un set d’ampoules Hue.

L’intégration en tant que Hub est un tel enjeu pour Amazon que la société propose un service – gratuit – de configuration, voire de conseils pour équiper son foyer autour de son device.

Source: Amazon


Usages

L’Amazon Echo Show (comme ses petits camarades, Echo, Echo Dot et Tap) n’est disponible pour le moment qu’aux USA, au Royaume Uni et en Allemagne. Si l’utilisateur de Siri ou de l’assistant Google utilise somme toute très peu l’assistant personnel vocal de son mobile, le fait de s’en servir via un objet fixe, lié au foyer, prend tout son sens. Déjà, les usages l’intègrent majoritairement dans la cuisine (pour 51% des possesseurs de la gamme Echo), et pour les enfants américains, Alexa est une amie naturelle qui répond aux questions, avec laquelle on peut jouer, et qui permet de commander des objets à la voix, comme allumer la lumière ou la TV.

Amazon Echo est déjà bien présent dans les foyers américains, et l’ajout d’un écran va vraisemblablement augmenter la pénétration du hub en leur sein. Trois raisons à cela : la visioconférence, la boucle de rétroaction, et le choix proposé, ce dernier découlant du second. En effet, si l’interface en langage naturel peut devenir le principal moyen d’interagir avec les machines, selon le MIT Technology Review, l’écran renvoie des informations plus pertinentes et complètes que la seule voix. Par exemple, dans le cadre d’achats, s’il est simple de commander un produit identifié à une marque (« du » Coca-Cola), acheter « de » la lessive, générique, doit renvoyer une liste de produits ; produits que l’on validera au moyen de l’écran tactile…

Amazon n’a toujours pas donné de date de sortie dans d’autres pays que ceux sus-cités, car si son IA peut « comprendre » la langue, il lui faut déjà bâtir des dictionnaires d’ontologies.  Alexa peut raconter des blagues, encore faut-il qu’elle dispose d’une base de blagues ; idem pour les noms propres : Barack Hussein Obama est identifié, mais Jacques Chirac reste un inconnu à ses oreilles.

 

Skills

Source: Amazon

 

Nul besoin d’être un expert en intelligence artificielle pour développer des applications : tout comme Alexa, le process d’interaction est dit déterministe. Amazon Echo réagit à l’invocation de son mot clé (« Alexa »), suivi du nom du programme.

Chez FABERNOVEL, nous avons développé un skill pour nous déplacer dans Paris, et son invocation est liée au nom « Marvin ».

Ensuite, un dictionnaire d’ontologies se charge de « comprendre » le sens des mots, soit l’adresse d’arrivée. Cette logique est appliquée par ce qu’on appelle également un « bot », et on peut d’ailleurs s’essayer sans peine à en programmer un avec le logiciel en SAAS Pullstring.

Source: Amazon

Concurrence

 

Les films Her ou Ex Machina ont présenté au public des intelligences artificielles capables de singer les émotions humaines. Le parallèle avec la gamme Echo est plutôt à chercher du côté de Jarvis, l’assistant personnel de Tony Stark(Iron Man) : un processus qui contrôle le foyer, son approvisionnement, les objets qui en dépendent, les communications, et qui rend des services de la façon la plus simple et transparente possible.

Les enjeux sont énormes : alors qu’on a commoditisé les appareils mobiles, l’intégration dans un foyer requiert un point d’entrée fixe, et le hub sera exclusif. Dès lors, la course a bien démarré avec la concurrence : Google Home, qui a fait son entrée sur le marché français le 3 août dernier, vient d’annoncer un partenariat avec Wallmart aux Etats-Unis pour concurrencer le modèle verticalisé d’Amazon. Le fabricant de matériel audio Harman Cardon annonce son enceinte Invoke (intégrant Cortana de Microsoft) pour la rentrée ; et il se murmure que facebook soi-même plancherait sur un smart speaker intégrant un écran, et qu’Apple aurait un dispositif similaire dans ses cartons.  Et bien évidemment, la Chine

Comme l’indiquait avec justesse le journaliste David Priest dans Cnet en mai dernier : « les assistants vocaux ne sont pas une sorte de colle pour assembler tous les éléments de la maison intelligente ; ils sont juste le ruban adhésif : plus propres, plus brillants, et plus faciles à utiliser ».

 

AI as AN OS

(DR)


Jeff Bezos est opiniâtre. Et remet 100 fois l’ouvrage sur le métier. Le Kindle Phone n’a pas marché, ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est de propager les services Amazon, et de les intégrer dans les devices d’autres constructeurs. Passé l’OS (comme le défunt Windows Mobile ou Android), le nouveau service qui opère comme un OS est l’IA, le process qui va gérer la multitude de services autour. C’est ainsi qu’Amazon multiplie les accords avec des tiers pour intégrer Alexa dans leurs propres appareils. Après Huawei (avec le Mate 9
), c’est au tour de Connexant ou d’Intel d’annoncer Alexa dans leurs chipset, mais aussi de LG, dans votre futur frigo (le Smart Instaview). Et l’APIsation des objets connectés laisse entrevoir un gigantesque champ des possibles dans le contrôle de la smartHome jusqu’à celui des objets attenants, tels que la voiture ou l’aspirateur. Et parce que Jeff est opiniâtre, Amazon de participer aux cotés de Tencent et d’autres VCs, à une levée de quelques 300 millions de dollars pour un fabricant de … téléphones. Et d’annoncer ce jour un accord avec Microsoft pour faire dialoguer leurs deux assistants personnels

 

Quels enjeux business ?

Au début des années 80, la France lançait le Minitel, drôle de boitier intégrant des services de type Videotex permettant la consultation des actualités, des programmes de télévision et de cinéma, la météo, des jeux, un annuaire, un service de messagerie instantanée, des services d’achat de produits en tout genre sur le mode de la VAD (La Redoute lançait en 1984 un « 3615 »).

En 2015, Amazon lançait Echo. Le dernier comptage réalisé par l’entreprise (en février 2017), faisait état de 10.000 applications disponibles, dont la majorité était sous les rubriques Informations, Jeux, Éducation, Lifestyle and Humour.

Amazon n’envisage pas pour le moment de vendre les applications, ce qui crée une tension certaine avec les développeurs, qui travaillaient donc pour la gloire jusqu’à peu. Devant leurs revendications, Amazon a mis en place au mois d’août 2017 un programme de rétribution pour les développeurs de skills en fonction de leur popularité …

Seule autre possibilité de monétisation, la société VoiceLabs a lancé un programme de « Messages sponsorisés » permettant d’intégrer de la publicité audio dans les apps. Néanmoins, le marché principal reste l’agrégation de services tiers dans le hub domestique ; Amazon vise donc les marques établies comme Sirius, Domino’s Pizza, Fox News, Jeopardy, ou encore Dunkerque, une déclinaison du film éponyme mixant le livre audio, le jeu de rôle et la BD, réalisé par Warner Bros.

Les enjeux sont à chercher du côté de l’entertainement et de la communication, ainsi que des marques commercialisant en direct des produits ; aux US, CapitalOne ou Amex permettent de consulter ses comptes bancaires, 1-800-flowers permet d’envoyer des fleurs … Au UK, EDF Energy de consulter sa facture, Jamie Oliver d’avoir accès à des recettes de cuisine, Just Eat de commander des plats à emporter, National Rail de consulter les horaires de train, Johnny Walker d’avoir des informations et des recettes de cocktail autour du whisky…

Toutes les marques non concernées par la plateforme de distribution Amazon sont des clients potentiels de celle d’Alexa ; tous les bots d’ores et déjà développés par celles-ci sont portables dans l’écosystème, qui permet de surcroit l’identification du consommateur. Les media, services bancaires, services à la personne, services client, d’information, de support, vente (dès lors que la marque dispose d’une logistique APIsée) sont les clients idéaux d’Alexa Voice Service.

Même si Amazon est un concurrent potentiel de bien des services, le canal unique de conversation entre les marques et leurs clients est à même de développer et d’accroître cette relation. Amazon Echo, et par-delà, Alexa, est un nouvel acteur dans le jeu du eCommerce, lequel, lorsqu’on voit les tendances, américaines comme asiatiques, est appelé à s’amplifier.

Source: Bloomberg – août 2017


30 ans après le lancement du Minitel, paix à son âme, restent les services, désormais APIsés, réunis autour d’une IHM standardisée qui évolue avec les usages. Jeff Bezos est opiniâtre, et il doit avoir un Minitel dans son bureau.

L’alliance récente de Google et Walmart pour concurrencer Amazon sur le terrain de l’e-Commerce fait débat sur le plateau de BFM Business, avec l’intervention de Kevin Echraghi, Platform Expert chez FABERNOVEL INNOVATE.

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