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Feb 8, 2018 | 4 min de lecture

Tech

APIdays 2018 Paris, l’humain quoiqu’il en coûte

Nadiya Shur

Marketing and Communication


FABERNOVEL TECHNOLOGIES
Faire de la France un champion numérique au service des citoyens, s’interroger sur ce qu’est un logiciel durable, concevoir une API en pensant d’abord aux autres, l’IT n’en finit plus d’interroger l’humain. Les conférences du deuxième jour ont fait la part belle à la neutralité, la lutte contre l’obsolescence, la désobéissance, l’âge du low tech et la vie privée.

Protection des données personnelles

La CNIL s’est fendue d’un rappel relativement exhaustif du texte européen, s’amusant d’ailleurs à en rappeler la teneur par des chiffres : 99 articles et 61000 mots, qu’Elise Dufour, avocate et Présidente de Cyberlex, à souligné s’appliquer à tous, surtout à ceux qui pensent en être affranchis. En cas de doute, il suffit de savoir que toute opération en lien avec la donnée, de près ou de loin, est considérée comme du traitement de données et tombe immanquablement dans la sphère d’application de la RGPD.

Si la CNIL constate un mouvement de panique généralisé, la commission se veut rassurante. D’une part, son rôle n’est pas de sauter à la gorge des entreprises au moindre manquement mais bien de les aider à s’y préparer. A ce titre, toutes les entreprises qui appliquent à la lettre la loi informatique et libertés ont déjà fait 80 % du travail.

Les 20 % restants concernent les changements de pratiques et d’usages en entreprise, relatifs à la sécurité, à un meilleur contrôle des accès à la donnée. L’effort à fournir ne peut pas se limiter à l’acquisition d’une solution qui se voudrait « automated compliance« . L’engagement à protéger les personnes physiques à l’égard des traitements des données à caractère personnel est d’abord une démarche de changement d’état d’esprit.

Neutralité

Le net a fait l’actualité cette fin d’année 2017 avec l’abrogation de son principe fondateur par la Commission fédérale des communications américaines. La neutralité donne aux utilisateurs l’arbitrage de ses usages. Défendu au niveau européen, le principe doit garantir le plus haut degré de liberté d’expression et d’innovation. Aux États-Unis, la garantie d’un traitement égal des flux de données n’existe plus.

En abrogeant ce principe de neutralité, la question n’est plus uniquement technologique. Elle entraîne avec elle des effets sur l’homme et la société. Les défenseurs de la neutralité (parmi lesquels l’ONU) voient dans cette abrogation, à terme, un risque de monétisation de l’humain.

En Europe, si le principe de la neutralité n’est pas remis en cause, beaucoup pensent que c’est encore insuffisant. Le BEREC (Body of European Regulators for Electronic Communications) a publié ses lignes directrices s’imposant à tous les régulateurs européens et le cadre est très protecteur. L’empêchement (dans les faits) du zero-rating, cette méthode qui consiste à proposer des forfaits limités sauf pour l’accès à certains contenus, renforce d’autant le rôle de l’Europe en tant que créateur de standards pour un net ouvert, concurrentiel et neutre.

La route est encore longue et le cadre juridique a certainement besoin de plus de cohérence encore. Pour que le principe de neutralité soit acquis définitivement, c’est aux intermédiaires techniques qu’il doit s’appliquer. Renforcer également le pouvoir des utilisateurs sur l’outil, leur laisser pleinement l’exercice du choix, libre et conscient, devrait être écrit dans le marbre.

D’autres mesures issues du règlement e-privacy, en cours de rédaction, impacteront la neutralité à son bénéfice comme la confidentialité des communications, l’interdiction d’intervenir sur les réseaux ou de surveillance de contenus spécifiques.

Comment fait-on de la France un champion du numérique au service des humains ?

« La seule manière pour un pays de se transformer est de créer les conditions humaines et techniques pour une architecture technologique de l’État durable« , souligne Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé du Numérique et l’invité d’honneur de la conférence. L’inclusion et l’accessibilité de tous au numérique en sont les pré-requis. Et la transformation numérique engagée par l’État français ces 10 dernières années est particulièrement encourageante.

Au demeurant, l’économie numérique mondialisée fait pointer des problématiques que l’État ne peut pas uniquement traiter entre nos frontières. La création de produits high tech nécessite des matières premières dont l’extraction impacte lourdement les territoires étrangers concernés, sans possibilité de recyclage aboutie.

La loi relative à la transition énergétique et à la croissance verte (loi ° 2015-992) a créé le délit d’obsolescence programmée. Force est de constater que la grande majorité des entreprises en France en font encore pourtant les frais, dépositaires d’une infrastructure legacy destinée à la casse. Les consommateurs quant à eux sont régulièrement piégés par les choix technologiques frauduleux de certains constructeurs et éditeurs.

Une civilisation soutenable et durable exige un écosystème numérique au service de l’écologie et non simplement un green IT. Les pratiques quotidiennes des utilisateurs participent à la démarche, en ralentissant notre consommation de terminaux, en diminuant le nombre d’applications, en n’exigeant pas un accès en hyper temps réel de l’information. Les développeurs du monde entier ont eux un rôle immense à jouer dans l’avenir du logiciel durable. L’API sera demain une des solutions les plus puissantes pour lutter contre l’obsolescence informatique. Il revient à l’État d’assurer la formation des concepteurs et designers de l’âge nouveau de la low tech.

C’est une responsabilité à l’échelle de notre civilisation que de savoir concevoir demain un numérique citoyen.

Une conférence de FABERNOVEL TECHNOLOGIES

Une grille de lecture vers la psychohistoire

La psychohistoire est une science fictive inventée par Isaac Asimov pour son livre Fondation (1951), qui prétend pouvoir prédire le futur politique, économique et social à partir des données historiques.
Dans cette conférence Adrien Couque étudie la possibilité, via du Machine Learning, de concrétiser cette idée. Malheureusement, le verdict est que nous sommes vite limités par notre impossibilité de trouver un corpus convenable. Le reste de la conférence, Adrien s’attache à proposer comment construire un tel corpus et donc une « knowledge base » historique digne de ce nom.

La présentation est disponible ici.

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