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Oct 23, 2018 | 3 min de lecture

‎Économie

Une brève histoire des entreprises

Tom Morisse

Research Manager


FABERNOVEL
Aujourd’hui, l’entreprise est la forme dominante des échanges économiques : en Europe par exemple, autour de 80% du PIB et 70% des emplois sont le fait des entreprises. Les plus grandes d’entre elles sont même les équivalents de pays entiers, à l’image de Walmart, qui génère 500 Md$ de chiffre d’affaires par an et compte 2,3 millions d’employés. Et pourtant, l’entreprise moderne est une invention toute récente, d’à peine quelques siècles.

Avant l’apparition de l’entreprise moderne, l’activité économique était le fait d’institutions politiques ou religieuses, ainsi que d’artisans et marchands qui s’échangeaient des biens de proche en proche.

Ce qui ressemble le plus aux entreprises actuelles lors de la Renaissance, ce sont les expéditions maritimes pour lesquelles un explorateur apporte l’idée, des puissants le financement, et tout le monde partage les gains au retour du voyage.

Mais il faut donc répéter cet échange à chaque nouvelle expédition. L’entreprise moderne naît quand on décide d’en faire une structure permanente : au début du 17e siècle, les compagnies des indes orientales, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en France, sont créées comme des institutions pérennes – des personnes morales. Pour ne pas bloquer les apporteurs de capitaux, on crée le système des actions, que l’on peut facilement revendre à d’autres investisseurs.

Toutefois, les premières entreprises sont très liées aux États. Elles administrent par exemple les territoires conquis lors des grandes découvertes. Pendant longtemps, elles ne peuvent être créées que par décret royal, et leur nombre est donc limité. Tout change dans la seconde moitié du 19e siècle, lorsque des lois permettent en Europe et aux Etats-Unis de créer des entreprises sans autorisation administrative. Leur création se démocratise.

Le 19e siècle marque un autre tournant de l’histoire de l’entreprise : c’est la Révolution industrielle. Le développement des chemins de fer donne naissance à des entreprises d’une taille et d’une complexité jamais vues auparavant. Pour coordonner les flux de passagers et de marchandises sur des milliers de kilomètres, on sépare les grandes activités sous le contrôle des premiers managers : responsables du trafic, des réparations de voies et de la maintenance des trains.

Pour gagner en efficacité, les grandes entreprises industrielles se sont tournées vers les économies d’échelle au tout début du 20e siècle. Cette intégration verticale, on la retrouve par exemple chez Ford, qui maîtrise l’ensemble de la chaîne, des forges jusqu’aux concessionnaires. Cette intégration s’appuie sur la spécialisation des tâches et des innovations comptables qui permettent de finement mesurer les coûts.

Une fois ces économies d’échelle atteintes, le développement des entreprises s’est poursuivi par des économies d’envergure dans les années 1920. Pour grandir, on étend la gamme de produits pour toucher de nouveaux consommateurs, et on ouvre des bureaux dans de nouveaux pays. Comme General Motors et ses différentes marques : Buick, Cadillac, Chevrolet, Oldsmobile, Pontiac. Pour décupler le nombre de filiales sans perdre en cohérence, les fonctions centrales se renforcent, et c’est l’avènement de la planification stratégique et budgétaire qui se renforce pour allouer le plus finement les ressources.

Les concentrations d’entreprises qui se multiplient à cette époque-là mènent à un autre tournant de l’histoire de l’entreprise : la séparation entre propriété et gestion s’impose ; les dirigeants sont des professionnels salariés.

Dans les années 1960, l’organisation des entreprises se complexifie. Pour faire face à des demandes de plus en plus pointues, les entreprises de l’aérospatial passent à deux dimensions : projets d’un côté, et métiers de l’autre, plus ou moins sollicités selon les projets. Cette organisation matricielle sera appliquée dans de nombreuses entreprises.

Avec l’éclosion de l’informatique et la croissance des échanges internationaux, l’entreprise s’est transformée en réseau à la fin du 20e siècle. L’externalisation s’est développée et les chaînes de sous-traitance se sont allongées, avec l’aide des systèmes d’information. Les échanges de données avec ses fournisseurs ont par exemple constitué l’une des clés du succès de Walmart.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Avec Internet, les connexions entre personnes, entreprises et objets explosent. Certains acteurs réussissent à se positionner au centre de ces échanges d’argent, de temps et de données. Et en tout premier lieu, les GAFA. Mais ça, c’est une histoire que nous vous avons déjà racontée

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