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Jun 21, 2018 | 13 min de lecture

‎Économie

La technologie, une solution pour répondre aux enjeux stratégiques et démographiques du continent africain ?

Abderrahmane Chaoui

Senior Project Analyst


FABERNOVEL INNOVATE
Quand la plupart des pays développés en Occident ou en Asie font face à un ralentissement démographique marqué par un vieillissement de la population et une inversion de la pyramide des âges, les yeux du monde s’emplissent d’espoir et se tournent naturellement vers les quelques bassins fertiles de population à travers le monde. Ne nous y trompons pas, cette question démographique n’est pas un problème africain mais une solution à un problème mondial, encore faut-il investir sur cette jeunesse et lui offrir les moyens de devenir la force vive du monde de demain.

Le continent africain se prépare à une explosion démographique porteuse de défis majeurs sur plusieurs plans. D’ici 2050, l’Afrique sera peuplée de 2,5 milliards de personnes dont 50% de moins de 25 ans, soit le double de sa population actuelle. Tandis que la population mondiale croîtra de 2,2 milliards d’âmes, la moitié de cette croissance sera à imputer aux pays Africains, Nigéria en tête, dont la population dépassera celle des Etats-Unis d’Amérique. Cette jeunesse qui porte en elle les espoirs de renouveau du continent met les Etats Africains et le monde face à ses responsabilités.

Et pourtant à l’heure actuelle, les statistiques et indicateurs de développement mettent en lumière les difficultés structurelles du continent à éduquer sa population. Dans les pays les plus pauvres, l’accès aux professeurs et au matériel pédagogique est un frein pour une part considérable de la population qui se heurte au manque d’infrastructures et de moyens (accès à l’électricité, aux manuels scolaires, taille moyenne des classes, nombre d’enseignants …).

Par ailleurs, l’EdTech en Afrique ne se résume pas à la seule question de l’accès à l’enseignement et au matériel pédagogique, il inclut évidemment celle de ce qu’on y apprend. A travers le monde, le marché du travail évolue. D’après une étude LinkedIn parue en 2018, les 10 compétences les plus demandées par les entreprises à travers le monde sont exclusivement digitales : Cloud computing, Data mining, UI design, Mobile development … En Occident, le constat est clair : la demande de développeurs, designers et data scientists excède la main d’oeuvre disponible.

En parallèle, l’Afrique doit former 2,5 millions de scientifiques, techniciens et informaticiens, conformément à l’objectif de développement fixé par l’UNESCO pour le millénaire. Malgré ses difficultés d’aujourd’hui, l’Afrique a l’occasion de partir d’une feuille presque blanche et, à l’image du mobile qui n’a pas eu besoin des infrastructures des téléphones fixes pour s’imposer sur ce continent (ou en Chine), elle doit voir les nouvelles compétences digitales comme un tremplin. La maîtrise du code, par exemple, peut permettre à des millions d’africains sortis du système scolaire de faire un bond pédagogique important et les rendre employables rapidement – ou suffisamment qualifiés pour coder eux-mêmes les solutions à leurs propres problèmes ! C’est la première promesse de l’EdTech en Afrique. La seconde réside dans sa capacité à surmonter de façon innovante des manques d’infrastructure handicapants dans l’exercice de l’enseignement.

 

CODER SOI-MÊME SON DESTIN

La culture du hack et la sérendipité des tech hubs

Les écosystèmes d’entrepreneurs, “tech hubs”, sont à l’origine de la dynamique entrepreneuriale et technologique que connaît aujourd’hui le continent. La culture du hack et de la débrouille présente chez les premiers entrepreneurs du continent se diffuse et se transmet dans ces espaces où viennent se rencontrer plusieurs générations de jeunes, tous habités par la volonté d’échapper à un destin dont ils ne veulent pas, et qu’on leur a toujours présenté comme une fatalité. Mais qui n’en est pas.

Véritable passage obligé pour les entrepreneurs locaux, c’est dans ces lieux physiques que se concrétise une grande partie des projets numériques du continent. Tous les entrepreneurs venus un jour y trouver une inspiration, une équipe, un mentor ou plus simplement une connexion internet et de l’électricité se sentent redevables et vont assister les plus jeunes en retour en dispensant des cours de design, de pitch, de code ou en organisant des hackatons.

Au Kenya, c’est dans le célèbre iHub que se sont rencontrées Lin da Kamau et Marie Githinji en tant que développeuses en devenir. Premier tech hub Kenyan créé par Eric Hersman (BRCK) en 2010, le iHub cristallise le dynamisme de l’innovation kenyane. Tous les entrepreneurs du pays passent nécessairement par le iHub pour y apprendre, pour y rencontrer du monde, trouver des fonds ou simplement pour y être abrité. C’est dans ce même iHub que Linda Kamau et Marie Githinji, initialement venues apprendre à coder, décident de créer Akirachix, une école de code pour les femmes qui permet de répondre à un constat : 40% de chômage et très peu de femmes qui savent coder. La vision de cette école à but non lucratif est ambitieuse et illustre bien l’adoption par ces femmes d’une ambition commune qui anime les tech hubs du continent Africain : former et éduquer les générations de femmes qui utilisent la technologie pour développer des solutions innovantes pour l’Afrique.

 

Apprendre à entreprendre pour écrire son destin

“La Silicon Valley a perdu son monopole. Dans l’univers de l’entrepreneuriat, les barrières à l’entrée sont en train de tomber, partout dans le monde, grâce au numérique”. Jørn Lyseggen, fondateur de la Meltwater Entrepreneurial School of Technology au Ghana.

Au Ghana, la Meltwater Entrepreneurial School of Technology est l’un des premiers tech hubs du continent. C’est aujourd’hui devenu l’un des incubateurs de start-up les plus prestigieux d’Afrique, mais la MEST a avant tout été conçue comme une école d’entrepreneuriat et de code. Il s’agit d’une école privée, financée par Meltwater ayant pour but de lutter contre le chômage en contribuant à la transformation numérique de l’Afrique.

En 12 mois, les “entrepreneurs en formation” doivent apprendre à créer des apps mobiles, développer des solutions et surtout à “penser start-up”. A l’issue des 12 mois et après le prestigieux pitch de fin d’année, les plus chanceux reçoivent un capital d’amorçage et sont reçus dans l’incubateur de l’école. Les étudiants apportent des réponses à des problèmes locaux, mais des réponses susceptibles d’intéresser le monde et la présence tous les ans d’investisseurs de la Silicon Valley en atteste. De nombreuses start-up ayant émergé de la MEST ont rencontré du succès à l’international. C’est le cas de Nandi Mobile, une start-up spécialisée dans le marketing mobile via SMS, arrivée 1ère à une compétition de start-up à San Francisco en 2010, Dropifi ou Kudobuzz, spécialisées dans le e-marketing ont respectivement intégré 500 Start-up en 2013 et 2014.

MEST prévoir d’ouvrir des satellites à Lagos, au Cap, à Nairobi et enfin à Abidjan.

Plus généralement, l’EdTech peut permettre à des millions d’Africains de connaître un leapfrog éducatif et avoir l’occasion de devenir entrepreneur sans être nécessairement passé par le cursus scolaire habituel. C’est tout à fait l’esprit dans lequel a été fondée l’African leadership university. Pour Fred Swaniker, son fondateur « l’avantage de l’Afrique, c’est que nous n’avons pas vraiment d’héritage ni de grandes traditions universitaires. Nous pouvons donc poser un regard neuf sur l’existant et partir de 0 pour réinventer l’université de demain ».

 

Former les leaders en Afrique, pour l’Afrique

L’African leadership university compte aujourd’hui deux campus (Kigali, Rwanda et Île Maurice) et a pour objectif de former d’ici 2060 les 3 millions de leaders qu’il manque en Afrique. A l’origine de cette vision, un constat limpide : les métiers de demain n’existent pas encore et l’Afrique est mal préparée aux mutations qui l’attendent dans les 10 prochaines années. Ainsi dans cette école, on n’enseigne pas de compétences particulières, on y apprend à répondre à des problèmes concrets de façon innovante. Les étudiants sont plongés dans un processus d’apprentissage permanent, l’une des clés du modèle. Les étudiants sont répartis en groupe et passent leur temps à étudier entre eux, via des supports numériques. En 2e année, les étudiants voulant tester une idée rejoignent le Student Ventures Program où ils sont encadrés par une équipe de coachs qui les aide à passer de l’idée à la start-up. « Nous avons besoin d’entrepreneurs africains qui créent des entreprises puissantes et en forte croissance, capables de donner un emploi à des dizaines de milliers de personnes. » Une des clés du modèle réside donc dans la capacité à éviter la fuite des cerveaux. Et pour y parvenir, un mécanisme fort a été mis en place : les étudiants modestes se font financer leurs études par des donateurs ou par le secteur privé et en échange, ils s’engagent à rester sur le continent pendant 10 ans. En finançant la scolarité des étudiants, les entreprises « sont certaines de recruter les talents qu’elles ont tant de mal à trouver en Afrique à cause de la fuite des cerveaux » assure Fred Swaniker.

 

FORMER LA MAIN D’OEUVRE DE DEMAIN

L’Afrique a besoin d’entrepreneurs pour plonger définitivement dans la nouvelle économie et tenter d’y triompher, mais l’Afrique a également besoin de se réinsérer dans le milieu professionnel et d’assurer un revenu décent à une part considérable de la population restée en dehors du système scolaire. Mais pouvoir profiter d’une population suffisante de développeurs pour soutenir les besoins des entreprises de demain est un enjeu qui nous concerne tous, en particulier en Occident où les entreprises se transforment plus vite que l’école. Ces entreprises qui aujourd’hui se tournent vers l’Inde et la Chine pour s’appuyer sur des développeurs locaux semblent miser sur la jeunesse du continent Africain pour assurer leurs besoins futurs.

 

Des développeurs pour l’Afrique mais pas que

Coders4Africa est un réseau de développeurs créé par Amadou Daffe opérant entre 5 pays Africains : Sénégal, Mali, Kenya, Ethiopie et Tunisie. Le réseau repose sur un modèle de sous-traitance et met en relation les entreprises locales et internationales ayant des besoins ponctuels de développement (web et mobile) avec des développeurs africains pouvant y répondre. Très rapidement après le lancement de la plate-forme, Amadou Daffe se retrouve dans l’incapacité de répondre aux nombreuses sollicitations venant de l’étranger. Il entreprend alors de former la main d’oeuvre nécessaire et débute par l’Ethiopie avec Gebeya en 2016. A Gebeya, les étudiants sont invités très rapidement à se spécialiser pour maîtriser une des compétences les plus demandées sur le marché du travail. Ainsi ils sont certains de trouver du travail au sein de Coders4Africa mais ailleurs également. Gebeya recrute des étudiants motivés, dotés de la capacité d’apprendre, nonobstant leur parcours scolaire, leur sexe ou leur origine sociale. Lors de son ouverture, Gebeya ambitionnait d’atteindre 50% de femmes diplômées d’ici la fin de l’année 2018 et n’oubliait pas les entreprises africaines : « Nous voulons que les Africains codent pour le développement des Africains ». Gebeya a pour ambition d’atteindre 5000 éthiopiens d’ici 2020 afin de répondre à la demande étrangère et africaine.

 

Une philantropie qui cache un enjeu stratégique majeur à long-terme

Des structures comme Andela peuvent suffire pour répondre à des besoins ponctuels d’aujourd’hui et inspirer d’autres structures similaires, mais ne suffiront pas sur le long-terme à répondre à la demande croissante du marché du travail occidental et africain pour ce type de compétences. Elles ne parviendront jamais non plus à atteindre une masse critique qui permettra réellement aux pays africains d’observer un impact réel sur le taux de chômage. Les grandes entreprises du numérique en ont pleinement conscience et voient dans la jeunesse africaine le socle de petites mains sur lesquelles faire reposer leur développement industriel. Les perspectives d’évolution économiques plaident en effet en faveur d’une numérisation plus intense de l’économie avec l’émergence de nouvelles technologies prometteuses comme l’IA, nécessitant une main d’oeuvre qualifiée beaucoup plus importante pour soutenir le rythme de cette transformation.

Digital nation Africa est un projet porté par IBM qui représente un investissement de 70 millions de dollars pour le développement d’une plate-forme gratuite de mise à disposition de programmes pédagogiques de tout niveau pour maîtriser des compétences informatiques (cybersécurité, data science, protection des données, code informatique mais également des méthodologies agiles, innovation et entrepreneuriat) . Le montant de l’investissement est significatif mais reste à relativiser en face des 25 millions de personnes que l’initiative vise à former. L’objectif d’IBM est de former un nombre important d’entrepreneurs, développeurs et data scientists à l’utilisation des technologies de pointe telles que le cloud et l’intelligence artificielle.

Africa Code Week, financé par SAP et Google est un projet visant à réunir durant une semaine 5 millions de jeunes entre 7 et 27 ans. L’édition 2017 a permis de réunir 1,3 millions d’enfants venant de 35 pays différents afin de les initier au code informatique. Bill McDermott, CEO de SAP, s’adressait en ces termes aux Leaders du G20 : “Pas de doute pour SAP : former les travailleurs aux outils numériques relève de notre responsabilité en tant qu’entreprise. Nous partons même du principe que les leaders du marché mondial ont une obligation morale de préparer les individus, quelle que soit leur origine, aux enjeux de l’économie moderne.”

 

Des micro-projets RSE qui servent des objectifs business

Orange, très présent en Afrique de l’Ouest parvient lui aussi à créer une conjoncture entre intérêts business et intérêt collectif. SHE IS THE CODE est un programme d’apprentissage du code en 3 mois sponsorisé par Orange en Côte d’Ivoire au travers de bourses à la formation pouvant aller de 30 à 100% des 180.000 FCFA requis pour l’ensemble du cursus. Le programme vise à former 50.000 femmes ivoiriennes de 18 à 35 ans d’ici 2020 et débouche sur une insertion professionnelle chez Orange directement, chez une entreprise partenaire ou au sein du programme d’accompagnement pour lancer sa start-up digitale.

 

DEMOCRATISER L’ACCES A L’ECOLE GRÂCE AU NUMERIQUE

« La révolution numérique est une opportunité exceptionnelle pour l’Afrique, à la fois comme accélérateur de développement et pour les nouveaux secteurs d’activités où elle pourrait exceller. L’Afrique doit rapidement former aux métiers du numérique les centaines de milliers de jeunes dont elle a besoin pour saisir cette opportunité. Notre partenariat avec OpenClassrooms illustre une nouvelle fois la volonté d’Orange d’être à ses côtés pour relever ce défi», déclare Bruno Mettling, PDG d’Orange Middle East and Africa. 

Si la question du « quoi » semble faire consensus – tant les entreprises africaines et occidentales s’investissent dans l’enseignement des compétences numériques en Afrique -, celle du « comment » reste en suspens. En effet, des difficultés structurelles persistent dans la plupart des pays africains et compliquent l’accès aux sources de savoir pédagogique. Le nombre d’infrastructures scolaires, l’accès à l’eau, à l’électricité ou encore à internet sont autant de freins pour les élèves d’aller à l’école ou pour l’école de venir aux élèves.

 

L’échec des MOOCs en Afrique

En 2012 le monde applaudissait l’arrivée des MOOCs et leur promesse d’une éducation meilleure, accessible gratuitement, à tous dans les pays développés et en développement dans le but d’améliorer leur vie et celles de leurs familles et communautés”, slogan de la plate-forme Coursera à l’époque. Coursera, comme beaucoup d’autres acteurs, propose des formations diplômantes payantes ou des cours spécifiques gratuits proposés par les meilleures universités. Malheureusement, les MOOCs ne sont jamais parvenus à tenir leur promesse en Afrique pour plusieurs raisons liées aux spécificités Africaines.

1- Des contenus non contextualisés

Les MOOCs proposés dans ces plateformes sont issus d’un modèle pédagogique européen ou américain, qui tient compte d’un niveau de développement radicalement différent de celui dans lequel vivent la plupart des africains concernés par la promesse initiale de ces plateformes. Ainsi les cours proposés ne sont pas contextualisés et ne répondent pas aux attentes des étudiants dans la plupart des cas.

2- Difficulté d’accès à l’électricité et à internet

La question des MOOCs est indissociable de la disponibilité et du coût d’internet et de l’accès à l’électricité. Ces deux paramètres constituent un frein important qui limite l’accès aux MOOCs et questionne la pertinence du format – très souvent vidéo – une nouvelle fois inadapté au contexte africain.

 

Des solutions simples pour répondre à des problèmes compliqués …

C’est LA caractéristique de l’innovation en Afrique, celle qui doit nous inspirer et faire du continent une source d’intérêt majeure pour les entreprises occidentales : répondre à des problèmes structurels majeurs par des solutions innovantes mais surtout frappantes par leur simplicité. L’une d’elle vient d’Adrien Bouillot, un jeune diplômé de Sciences Po Paris installé au Ghana : Chalkboard Education. Chalkboard est une plate-forme à destination des écoles et universités qui permet de dispenser cours et examens via mobile, même sans connexion internet. Proposant l’utilisation d’internet, de SMS ou de la technologie USSD, accessible sur tout type d’appareil, la plate-forme est accessible partout, tout le temps par les étudiants. Côté professeurs, la start-up offre des services d’analyse de données qui permettent un meilleur suivi individuel des étudiants.

 

CONCLUSION

L’éducation en Afrique est un enjeu majeur pour les africains et une opportunité pour les entreprises du monde. Pour les africains, l’EdTech a les moyens de permettre à chacun de maximiser son potentiel, d’entreprendre et se réaliser pleinement. C’est aussi un moyen pour beaucoup d’acquérir des compétences nouvelles et se rendre employable et ainsi rattraper des années passées en dehors du système scolaire.

Pour les entreprises du monde, c’est l’occasion de former ce qui constituera la force vive du monde de demain, c’est l’occasion de combler les difficultés de recrutement pour certaines compétences spécifiques dont la demande excède l’offre dans les pays développés. Et si le chemin reste encore long, de nombreux acteurs se mobilisent pour accélérer les initiatives en faveur de l’EdTech en Afrique. C’est le cas de Injini, premier incubateur de start-up EdTech en Afrique qui a accueilli au Cap en Octobre 2017 sa première cohorte de 8 start-up venues de 5 pays Africains. La promesse d’Injini est d’offrir un capital d’amorçage à tous les entrepreneurs africains porteurs de solution innovante pour répondre à l’enjeu démographique majeur qui pèse sur le continent afin de maximiser les chances de voir surgir des solutions pour le continent.

“Ce sera soit un avantage considérable qui va libérer la croissance économique que nous attendons tous, soit une charge insoutenable dans des sociétés déjà fragiles, et c’est l’éducation qui fera la différence. L’urgence de cet enjeu démographique invite la technologie à faire partie de la solution.” Jamie Martin, co-fondateur d’Injini.

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