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27 avril 2017 | 6 min de lecture

‎Économie

Comme Miles Davis, sachez utiliser la Gig Economy à bon escient

Alexis Godais

CEO FABERNOVEL CODE


FABERNOVEL CODE
Si signer un CDI et n’avoir qu’un employeur a été la norme pendant des décennies, cela fait quelques années que la gig economy gagne du terrain. C’est tout particulièrement vrai chez les Millennials, génération que l’on dit en quête de toujours plus de liberté mais aussi chez un nombre grandissant “d’artisans” désireux de donner davantage de sens à leur travail en diversifiant projets et opportunités. Bien que cette nouvelle économie débouche parfois sur des dérives voire sur une forme de précarisation du travail, elle peut présenter de nombreux avantages dans certains secteurs d’activité. Dans cet article, Alexis Godais CEO de FABERNOVEL CODE vous présente son retour d’expérience sur la gig economy dans le domaine des nouvelles technologies.

“That was my gift…having the ability to put certain guys together that would create a chemistry and letting them go; letting them play what they knew, and above it.” (Miles Davis)

Cette phrase de Miles Davis résume bien ce que devrait être la gig economy : responsable, cadrée et créant les conditions de l’émulation du talent de chacun.

Disclaimer : Si la notion de gig economy ne vous est pas familière, on peut la définir très simplement comme suit : “un marché du travail qui se caractérise par la prévalence de contrats de courte durée ou en freelance”. Cela s’oppose donc aux traditionnels CDI. Je vous invite à lire cet article de la BBC qui dresse un portrait clair, illustré par des exemples concrets qui peuvent représenter un bon complément de lecture à cet article.

 

Développeurs et designers ne considèrent plus tous le CDI comme le Graal  

En tant que CEO, dans le cadre de processus de recrutement, je rencontre des talents aux profils très variés. J’observe qu’en l’espace de dix ans, le nombre d’excellents développeurs et designers qui ne souhaitent pas signer de CDI a explosé. A ce type de contrat, longtemps considérés comme le Saint Graal, ils préfèrent le statut de freelance pour différentes raisons. L’une d’entre elles, c’est la liberté.

 

La liberté de choisir pour quel type de clients ils vont travailler. La liberté d’avoir un mode de vie atypique avec des lieux de travail et des horaires flexibles. La liberté d’explorer différentes méthodes de travail et d’adopter celle qui correspond le mieux à leur personnalité. La liberté de travailler alors qu’ils se trouvent à l’autre bout du monde voire celle de ne travailler que six mois dans l’année et de pouvoir voyager les six autres mois. A ce désir de liberté, s’ajoute la volonté d’entreprendre, présente chez un nombre grandissant de jeunes talents que je rencontre. Ils clament que grâce à la gig economy, les efforts et le temps qu’ils investissent sont récompensés par la satisfaction de monter son propre business et d’être son propre patron.

 

A l’inverse, pour certaines catégories de métier, dans des secteurs où le travail se raréfie, devenir freelance est le seul moyen de travailler. Cela peut donc devenir un facteur de stress très problématique ou pire précariser l’emploi. La situation est très différente dans mon secteur, celui du digital et des nouvelles technologies où la croissance est très forte. La demande étant devenue plus forte que l’offre, les professionnels sont extrêmement recherchés et les freelances décrochent de très bons contrats. D’après Le Monde, les développeurs sont même les rois du marché de l’emploi en France, faisant de leur métier, le plus recherché dans notre pays. Pour eux, être « gigster » est alors un véritable choix de vie, voire un luxe qu’ils peuvent se permettre et non une contrainte.

 

La gig economy peut apporter une flexibilité garantissant la pérennité de certaines entreprises

 

Dans certains contextes, recruter un freelance permet de gérer la croissance de son entreprise. Le marché du recrutement est devenu si tendu que parfois on en arrive à devoir refuser certains clients car il manque une ressource pour constituer l’équipe que l’on compte dédier au client. Avoir recours à un freelance permet de pallier cette situation. C’est du gagnant-gagnant : pour le freelance d’une part qui décroche un contrat; pour le client d’autre part qui peut confier son projet à l’entreprise de son choix.

 

Par ailleurs, faire appel ponctuellement à un freelance peut être une nécessité dans certains cas précis. Dans les nouvelles technologies par exemple, c’est le cas lorsque nous utilisons une technologie ou une méthodologie dédiée sur un projet spécifique. L’entreprise va avoir besoin de mobiliser les meilleurs profils avec la plus grande expertise sur ladite technologie ou méthodologie. Bien souvent, ce type de besoin est ponctuel, il fluctue, avoir des artisans à plein temps sur chaque technologie ne présenterait donc aucun intérêt pour l’entreprise.

 

Des conditions strictes pour espérer créer de la valeur sur le long terme

Attention toutefois ! Tout cela doit avoir lieu dans des conditions extrêmement cadrées pour garantir la qualité du produit ou du livrable mais aussi de la relation avec le client.

L’entreprise a des enjeux contradictoires avec la gig economy telles que la capitalisation des connaissances ou la transmission de compétences. Notamment dans le corporate service, où nous sommes des Peoples Company. Il faut donc veiller au bon équilibre du ratio freelance / salarié. Notre REX pour le marché du Web préconise un ratio de 20%, ce qui est le taux maximum pour optimiser la valeur du client, du freelance et la nôtre. Il faut également dédier une ressource en interne au suivi de votre “club de gigsters” : gérer le turnover, suivre leurs trajectoires d’acquisition de compétences et stimuler ses équipes en interne pour que la collaboration se déroule au mieux.

Pour espérer créer de la valeur sur le long terme avec la gig economy, la relation entre employeurs et freelances ne doit jamais tomber dans l’opacité ou le rapport de force. Au contraire, c’est l’opportunité de mettre sur pied un partenariat qui bénéficiera à tous. Quand mon entreprise fait appel à un freelance, l’enjeu est de réussir à développer, de part et d’autre, une relation de partage de la visibilité. De mon côté, je leur garantis de la visibilité sur les projets à venir. Du leur, les freelances m’offrent de la visibilité sur leurs disponibilités et ainsi nous oeuvrons ensemble à tout faire coïncider dans l’intérêt de chacun.

Si un freelance n’est membre de mon entreprise que pour une période déterminée, je considère que durant toute la durée de notre collaboration, il doit l’être à part entière. Ainsi, mes équipes et moi-mêmes mettons tout en oeuvre pour lui offrir les meilleures conditions de travail possibles et cela passe notamment par une intégration complète au sein de l’équipe : invitation aux petit-déjeuners ou déjeuners de groupe, aux ateliers de formation continue (lorsque le freelance ne travaille pas à distance mais dans nos locaux), envoi d’une newsletter pour être tenu informé de notre actualité etc. Le but est que nous travaillions ensemble régulièrement sur des projets différents. Il peut également nous arriver de participer conjointement à des événements comme des hackathons.

La gig economy, ce sont aussi (et sûrement avant tout) des rencontres humaines et des échanges qui enrichissent les deux parties. En tant qu’entrepreneur, je me réjouis de prendre part au phénomène de pollinisation qu’elle engendre souvent : un artisan freelance va apporter son expertise externe et son regard à l’entreprise, laquelle pourra s’en nourrir et contribuer à l’amélioration continue de ses équipes. Réciproquement, chaque entreprise a une culture et une expertise propres que le freelance pourra s’approprier et diffuser à d’autres clients. Dans un monde de connexion, ce type de collaboration peut donc sur le long terme créer un cercle vertueux de partage des savoirs, des méthodes et des technologies.

 

Le développement de la gig economy fait directement écho à la transformation profonde que le digital insuffle au monde de l’entreprise. L’enjeu pour nos sociétés est maintenant de proposer des systèmes de protections sociales adaptés à l’émergence de la gig economy pour qu’elle ne devienne pas synonyme de précarité. Le débat est plus que jamais ouvert puisqu’aux USA on estime que les « gigsters » représentent déjà plus de 40% du marché du travail ! 

 

Vous êtes vous-même freelance ou tout simplement intéressé par ce sujet ? Venez en discuter chez FABERNOVEL CODE !

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