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Apr 26, 2018 | 5 min de lecture

Design

Le produit, nouvelle interface du numérique

Thomas Borie

Lead Project Engineer


FABERNOVEL INNOVATE
Chez FABERNOVEL, on raconte souvent qu’au même titre que les premiers objets fonctionnant à l’électricité au début du XXème siècle étaient appelés objets électriques pour finalement devenir des “objets” tout court, les objets aujourd’hui dits connectés deviendront demain aussi, tout simplement, des “objets”. Car tous, ou presque, seront par définition “connectés”.

Si je vous parle d’objets connectés dans ce dossier nouvelles interfaces c’est que je suis persuadé que les interfaces numériques de demain sont des objets, physiques, connectés. Les années 1980 et 1990 ont abordé les interfaces au travers des écrans cathodiques de nos ordinateurs (et Minitel, RIP) puis pendant les années 2000 dans les téléphones portables puis smartphones.

 

Rester connecté, même en dehors des écrans

Le temps passé sur nos écrans d’ordinateurs et smartphones n’a fait qu’augmenter ces dernières années, mais il semble arriver à saturation. Un trop plein généralisé : plus de temps disponible pour interagir avec ces interfaces digitales. Nous nous retrouvons dans une situation complexe, où cette lassitude de plus en plus prononcée pour les interfaces tactiles, qui prennent trop de notre temps, se confronte à une majorité d’entreprises qui savent que leur business passe justement par le temps d’utilisation de leurs services. Ce temps qui n’existe plus, que nous ne voulons plus donner reste encore et toujours la première valeur de ces acteurs. Un problème mathématique non résolu par les écrans. Mais qui peut l’être par les objets connectés ! Des objets qui parviennent à lier un produit physique avec un service numérique, faisant de l’objet, non plus la projection d’une interface numérique, mais l’interface du service lui-même.

On se bat un peu au bureau pour nommer les premiers objets connectés. Serait-ce le distributeur de boisson Coca de 1982 ? Le Nabaztag français en 2005 pour lire ses emails à la voix ? ou encore l’iPhone en 2007 qui intégrait si bien les services dans un objet qu’on peut le considérer comme un objet connecté ?

 

Quelles interactions si on n’est plus uniquement sur un écran ?

Les interactions peuvent faire appel à nos 5 sens.
L’odorat et l’ouïe restant jusqu’à présent peu sollicités dans nos objets, les interactions avec les interfaces (nouvelles ou non) concernent en particulier :

  • Le toucher : bouton, actionneurs haptiques, écrans tactiles
  • La vue : voyants lumineux, indicateurs physiques, écrans
  • L’ouïe : micros, haut-parleurs

Enfin ces interfaces peuvent être de 3 types :

  • interfaces d’acquisition : bouton, clavier
  • interfaces de restitution : haut-parleur, voyants, écrans
  • interfaces combinées : écrans tactiles

 

Pour le pire puis pour le meilleur

En 2013, 2014, les termes “objets connectés” ou “IoT” (Internet of Things) étaient des machines à buzz. Toutes les marques voulaient le leur, c’était un coup de com’ assuré. Ainsi ont vu le jour une multitude d’objets dont on cherche encore l’utilité…

 


Qu’elle est belle !

 

Et même si le produit le plus backé sur Kickstarter pourrait bien rester ad vitam eternam la glacière Coolest – oui vous avez bien lu, 13 millions de $ levés pour une glacière ! – la tendance est passée et désormais les objets connectés se doivent d’être plus pertinents, de répondre à un besoin ou d’en créer de nouveaux.

On peut aller beaucoup plus loin que ces simples “gadgets”, et l’on distingue 3 catégories d’objets qui tirent parti à la fois des dernières technologies et de nos divers sens :

 

  • Les assistants vocaux

    Le nouveau point de contact devenu presque évident pour les géants du numérique est leur(s) service(s). Les assistants s’imposent chez nous comme les nouvelles interfaces les plus naturelles, de par leur simplicité d’usage et leur évidence, pour nos tâches du quotidien comme allumer la radio, passer une commande de produits d’entretien ou réserver un taxi.

Google Home

 

  • Les objets pour la maison

    Ces objets connectés augmentent la maison, pour faciliter et automatiser sa gestion. De plus en plus répandus, ils forment le plus gros marché actuel des objets connectés avec les thermostats, les serrures connectées ou autres accessoires de domotique (volets roulants, éclairages, etc.).

Serrure connectée Otto

 

  • Les objets récréatifs

    Cette catégorie inclut en majorité des objets déjà existants dont la connectivité a permis d’accélérer le développement et de faire évoluer les usages. C’est le cas des instruments de musique qui adoptent des effets intégrés nécessitant auparavant l’achat de pédales d’effets ou des réglages automatiques, offrant une expérience plus complète au musicien.

Guitares connectées Pavey, Roland et Line

 

  • Les objets ou outils professionnels

    Secteur moins connu du grand public mais avec un impact au moins aussi fort que les catégories précédentes, les assets industriels se connectent pour devenir plus performants, pour prédire leurs comportements ou se piloter à distance. Par exemple les ascenseur Thyssen sont désormais tous connectés et permettent à distance d’établir les diagnostics des pannes ou de faire de la maintenance prédictive en analysant précisément les données d’usage.

Ascenseurs Thyssen utilisant les plateforme IoT MAX

 

Interfaces hommes-services

La force des objets connectés réside, nous l’avons vu, dans leur capacité à nous connecter à des services mais aussi (et surtout) à connecter plusieurs services entre eux. On retrouve ainsi, comme pour les smartphones, un modèle de plateforme dont la plus performante sera celle qui agrègera le maximum de services et objets connectés.

On ne parle donc aujourd’hui plus uniquement d’interfaces homme-machine mais d’interfaces homme-service. C’est le cas d’Autolib, qui ne se contente pas de mettre en lien une personne et sa voiture, mais qui met en place tout un service de mobilité au travers de ses voitures connectées.  Et cela est valable quelle que soit l’industrie : Apple Home Kit dans la maison connectée permet de relier son véhicule à son alarme de maison ou à son portail électrique et General Electric Predix permet de connecter tous ses assets industriels (machines, véhicules, outils) pour mieux les exploiter et piloter.

 

Nouvelles compétences pour nouveau business

Le numérique voit donc sa portée s’agrandir en touchant désormais les produits physiques. Mais se lancer dans un projet IoT comporte de nombreux challenges pour ces entreprises du service : le développement d’objet, en plus du service, fait appel à des compétences en termes de design produit, matériaux, mécaniques et électronique.

Ces nouveaux métiers pour des entreprises ne sont pas toujours évidents à recruter. C’est pourquoi des entreprises telles que Google investissent d’énormes sommes pour se doter des ces nouvelles compétences ($1,1Mds pour racheter les équipes de conception de produit d’HTC), même Apple, pourtant expert du développement de produit avec l’iPhone, a acheté Nest en 2014 ($3,4 Mds) !

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