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Apr 6, 2018 | 6 min de lecture

Design

Friday Fiction: Episode 1

Léa

Charlotte Bourcier

Design Strategist


FABERNOVEL INNOVATE
Les nouvelles interfaces transforment notre façon d’interagir avec le monde qui nous entoure et façonnent peu à peu une nouvelle forme de société. C’est de cette société réinventée par les nouveaux usages et interactions dont nous avons voulu tirer le portrait sous forme de Design Fiction. En 4 épisodes, Charlotte et Louis racontent une vision du futur possible, interrogeant le monde qui vient et l’impact des nouvelles interfaces sur nos vies.

Mercredi 12 avril 2049, 7h58
Quelque part en Europe.

Léa se réveille doucement alors que le son des vagues se fait de plus en plus intense dans sa chambre et que l’odeur du thé chaud lui chatouille les narines. Léa n’a plus eu besoin de prévoir une alarme pour se lever depuis que son assistant virtuel programme tous les jours son réveil multisensoriel pour qu’il coïncide parfaitement avec son cycle de sommeil. De toute façon, Léa a toujours été une personne du matin et n’a pas de mal à sortir du lit. En se levant, elle demande à son assistant d’ouvrir les volets et de mettre sa chanson préférée.

Une mélodie de R&B qui a été imaginée par une intelligence artificielle sort directement des murs de sa chambre, comme si elle venait de l’intérieur de la maison. Chez Léa, il n’y a pas d’écran mais tous les objets sont connectés et intelligents. Les volets s’ouvrent alors sur des façades d’immeubles végétalisées de différentes hauteurs, au loin on peut apercevoir la rivière qui traverse la ville d’Ouest en Est. Ici, toute l’énergie provient des systèmes hydrauliques, solaires et éoliens. Aujourd’hui, c’est une douce journée de printemps, le soleil est déjà haut dans le ciel et les compteurs d’énergies s’agitent. En s’approchant de sa fenêtre, Léa peut alors observer sa ville se réveiller doucement… les navettes autonomes amenant les gens au travail, les enfants allant à l’école en trottinette électrique… Léa habite en centre ville où il n’y a plus de voiture depuis longtemps et l’espace est organisé pour laisser toute la place aux piétons et aux transports écologiques.

Léa s’habille et descend tranquillement pour aller chercher son petit déjeuner livré tous les jours par Hope (anciennement appelée Amazon apparemment), une entreprise qui produit et livre des superaliments sur mesure, dans une box à sa porte. C’est une bouteille de jus qui contient tous les nutriments dont elle a besoin pour sa journée.

En buvant son jus, Léa demande à son assistant d’appeler ses parents. Ils habitent dans la campagne, loin de la ville, où ils se reposent tranquillement pour profiter de leurs dernières années. La maman de Léa, Myriam, répond à l’appel. Son avatar en 3D apparaît dans la cuisine. Elle est aussi en train de prendre son petit déjeuner.

 

  • “Bonjour Léa, ça fait plaisir de te voir.
  • Bonjour Maman, comment vas-tu ce matin ? Où est Papa ?
  • Il est dans le jardin. Quand est-ce que tu viens nous voir en vrai Léa ? On en a marre de ne voir que ton avatar. Tu nous manques.
  • Maman … tu sais que je n’ai pas le temps, mais l’autre jour dans le fablab ou je travaille, j’ai entendu parler d’une nouvelle technologie qui permet de reconstruire matériellement une personne à distance, avec l’odeur et tout, imagine, ce serait comme si j’étais là pour de vrai.
  • Oui… enfin je préfèrerais que tu viennes nous voir, c’est pas si loin surtout avec le big loop.
  • Oui maman… Bon je dois y aller, prenez-soin de vous, je vous aime.”

 

Les parents de Léa sont installés à plusieurs heures de la ville, dans une pension nouvelle génération où ils sont accompagnés par des médecins et des intelligences artificielles qui veillent sur eux. En même temps qu’elle discute avec sa mère, Léa peut vérifier les taux de glycémie, et la tension de ses parents qui sont projetés à côté de leur avatar. Si jamais il devait y avoir un problème ou un indice un peu bas, Léa serait immédiatement mise au courant par une notification reçue sur son bracelet connecté.

C’est ce même bracelet qui lui permet d’accéder à internet et de projeter un écran sur toutes les surfaces imaginables. Grâce à lui elle peut aussi parler avec son assistant à tout moment de la journée. C’est simple. Mais cela peut être encore plus simple: certaines personnes choisissent de se greffer une puce directement sous la peau. Mais Léa ne se sent pas prête pour ça, la plupart de ses amis pensent qu’elle est “réac’”, que ce n’est pas grand chose, pour eux c’est exactement comme un tatouage, d’ailleurs les gens se font parfois faire un tatouage là où est installée leur puce… Il parait que bientôt on n’aura même plus besoin d’interfaces, que toutes les informations seront directement ingérées par notre cerveau, encore mieux que le sixième sens, le cerveau augmenté en quelque sorte. Il y a quelques années, Big G avait lancé une lentille connectée avec la même promesse, mais plusieurs personnes ont perdu la vue en la portant. Le scandale était tel que la multinationale a dû fermer, entraînant dans sa chute de nombreuses autres entreprises. Est-ce que la micro entreprise qui imagine la puce intégrée dans le cerveau fera mieux que Big G ?

Léa pense à tout ça en se dirigeant vers la route pour prendre la navette autonome qui la conduit au fablab où elle va s’installer pour travailler.

Léa arrive devant le fablab, pas besoin de code, la caméra au-dessus de la porte la reconnaît et elle n’a plus qu’à entrer pour s’installer à un poste de travail. Elle salue ses amis qui viennent aussi travailler ou étudier ici. Léa est étudiante en psychohistoire et droit des nouvelles technologies. Elle prend des cours à distance avec les plus grands universitaires du monde et en même temps elle participe à des missions pour sa ville ou travaille sur des projets pour des micro entreprises ou des associations. Le reste du temps, elle se concentre sur ses projets artistiques personnels.

Depuis qu’il n’y a plus de salariat, tout le monde est indépendant et vient travailler dans des espaces collaboratifs. Léa travaille parfois chez elle, mais elle préfère venir au lab où elle trouve toutes les ressources et les espaces pour ses projets.

Les missions et les projets sont tous répertoriés sur une plateforme multi-locale où chacun peut proposer ses services et compétences et participer à un projet. En ce moment, elle travaille sur un nouveau projet de loi pour s’entendre sur l’éthique du clonage à distance.

C’est un projet compliqué, Léa décide de passer en mode “off” et de couper toutes les notifications de son bracelet connecté. Elle s’installe dans un fauteuil isolé où elle ne sera pas dérangée. Sur les parois de son fauteuil, elle a accès à un internet filtré où n’apparaissent que les publications scientifiques et les articles de média sérieux, ceux qui ont un agrément de l’OAFK, l’Organisme Anti Fake News qui est une sorte de syndicat des médias pour modérer voire empêcher la prolifération de trolls et de fake news sur internet.

Elle écrit sur son carnet mais ses notes sont toutes enregistrées numériquement par son stylo, elle pourra y avoir accès plus tard. Mais elle préfère écrire, comme avant, ça l’aide à penser explique-t-elle souvent quand on lui demande pourquoi elle n’utilise pas les écrans flexibles laissés en libre service dans le fablab.

17h. Les journées passent vite au lab. Léa a eu le temps d’avancer sur son projet et de prendre un nouveau cours sur le droit des robots.

En sortant, Léa réactive les notifications de son bracelet.

 

« Hey Léa, j’espère que tu as passé une belle journée. J’ai une très bonne nouvelle, nous avons trouvé un match à 99,4% pour toi. As tu envie d’apprendre à le connaître ? Il s’appelle Victor. »

 

Léa esquisse un sourire sur son visage. Elle travaille beaucoup et même si le monde est toujours plus connecté, ce n’est pas facile de trouver LA bonne personne. Après quelques histoires plus ou moins heureuses, elle a compris il y a longtemps que les algorithmes seraient bien plus efficaces que le hasard. Victor sera peut-être le bon.

Vous avez envie de savoir qui est ce Victor avec qui Léa a matché ?
Découvrons-le ensemble vendredi prochain.

 

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