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May 31, 2017 | 8 min de lecture

Cultures

“Sortez vos protos du garage et faites les tester par des vrais usagers”

Futur en Seine arrive en Juin à Paris

Frédérique Lemonnier

Group Communication Manager


FABERNOVEL
Futur en Seine (FenS pour les intimes), le festival de l’innovation numérique gratuit et ouvert à tous rouvre ses portes pour la 8e année consécutive dans la Grande Halle de la Villette - lieu symbolique - entre les 8 et 10 juin prochains. Alors que l’Île-de-France s’apprête à devenir durant un mois la capitale mondiale de l’innovation et du numérique avec les Paris Region Smart Weeks, nous avons rencontré Camille Pène, Directrice de Futur en Seine, qui nous a expliqué les particularités de cet événement qui se démarque par son ampleur, son format et son emplacement au coeur de l’écosystème numérique francilien.

Qu’est-ce que Futur en Seine ?

Futur en Seine (FenS) existe depuis 2009. C’est l’évènement de Cap Digital. Il est porté par un pôle de compétitivité de plus de mille adhérents : des structures actrices de l’économie numérique, des start-up, des grandes entreprises, des labos de recherche, des écoles…

C’est la vitrine des meilleures innovations numériques dont un certain nombre sont aidées par Cap Digital. En 2009, quand FenS a été lancé, le secteur du numérique était beaucoup moins développé. Une minorité de gens avaient les premiers iphones, le smartphone d’aujourd’hui n’existait pas. C’était un secteur encore émergent et il y avait un vrai besoin de donner de la visibilité à toutes ces innovations numériques tout en “éduquant” un marché, des usagers, des futurs acheteurs et en créant de la désirabilité autour de ces innovations. De là est née l’idée de créer un grand événement qui permette de rassembler aussi bien l’écosystème du numérique que le grand public.

Aujourd’hui, bien sûr, le numérique s’est développé et les usages avec mais les missions de FenS restent les mêmes : être une vitrine pour la “crème de la crème” de l’innovation numérique française et internationale, être un lieu de rencontre pour tous les professionnels mais aussi avec ces usagers citoyens, un lieu de décryptage et de transformation numérique.

 

De quelle manière sélectionnez vous les projets qui seront présentés lors du festival ?

Nous avons plusieurs critères de sélection auxquels nous sommes attachés. Tout d’abord le caractère innovant d’un projet est fondamental , que cela soit d’un point de vue technologique ou de ses usages. Ensuite vient le critère de la viabilité économique. Dans la mesure où nous pouvons l’apprécier, les projets retenus sont financièrement soutenables. Le design également est un critère, pas dans le sens de l’esthétique des produits mais plutôt dans leur usabilité, dans la qualité de l’interaction proposée, dans la pertinence de l’usage.  L’intérêt social et sociétal des projets, leur sens, leur utilité, sont des points majeurs. Quand les projets sont portés par des entreprises, il faut qu’ils fassent moins d’un million de chiffre d’affaire et aient moins de trois ans d’existence. Pour vous donner une idée de la sélectivité de Futur en Seine, cette année, après avoir lancé l’appel à participation au festival, sur cinq cent candidatures nous n’en avons sélectionné une centaine.

Quand les projets sont plus mûrs, ils peuvent aller dans des salons spécialisés avec un public professionnel propre à leur secteur. De notre côté nous proposons des projets qui sont encore en train de s’affiner, de se tester. FenS est ce grand laboratoire qui permet aux start-up de confronter leur produit au grand public, aux partenaires et aux investisseurs et qui les aide à mieux se positionner, se définir. Pour le public c’est l’occasion de découvrir des prototypes inédits, inspirants, en avance de phase, qui dessinent un horizon pour notre futur.

Y a-t-il eu des découvertes à FenS lors d’éditions précédentes qui ont excellé par la suite ?

Oui, il y en a eu et c’est en tous les cas dans cette optique que l’on essaie de faire notre sélection.

Cette année, sur les 104 start-up franciliennes présentes à Las Vegas pour le CES, pas moins de 42 avaient exposé à Futur en Seine. Pour nous c’est très intéressant de voir que beaucoup d’exposants que l’on choisit existent encore trois ans après et vont au CES. FenS est l’événement pour des projets émergents et s’est avéré être un coup de pouce pour des projets qui n’en sont qu’au stade du prototype tels que Blue Frog Robotics, Plume Labs, Craft AI

 

Pensez-vous que la mission originelle de FenS est toujours d’actualité ?

Oui. On garde cette mission même si le numérique a beaucoup changé. Les premières affiches de FenS représentent un arc en ciel. FenS était la fête du numérique, une célébration purement optimiste de la transformation numérique. L’année dernière, une tendance de fond est apparue à travers  des projets qui cherchaient à s’inscrire dans des transformations sociétales, à répondre aux enjeux de la transition écologique, de la santé, de l’’éducation, de la mobilité durable.

Cette année, cette mission d’éduquer et d’acculturer se précise avec l’intelligence artificielle qui connaît un développement exponentiel. Je pense qu’il y a beaucoup d’interrogations sur la place qu’elle va prendre, certainement aussi beaucoup de mythes et par conséquent un réel enjeu de décryptage du phénomène et de la technologie. Notre objectif est que les usagers soient au courant des mutations, de la protection de leurs données personnelles et qu’ils aient des usages numériques éclairés. Enfin, je dirais que si notre mission s’est nuancée avec le temps, c’est que même si le numérique est vecteur de transformation bénéfique, on a aussi une mission de décryptage.

 

Et vous avez une opinion sur l’IA ?

Mon opinion n’est pas le sujet.  Ce que j’essaie de faire, c’est d’installer les éléments qui aideront tous les visiteurs à se situer et à se sentir motivés pour jouer un rôle dans ces changements en cours. Cap Digital soutient des projets  de recherche en IA et des boîtes du secteur de l’IA. Nous avons sélectionné à Futur en Seine de nombreux exposants dans l’IA cette année car nous souhaitons aussi montrer que la France est forte et compétitive dans ce secteur.

 

Qu’est ce qui fait la spécificité de FenS par rapport aux autres événements ou festivals internationaux ?

Ce qu’il y a de totalement différenciant et unique à FenS c’est à la fois son ampleur avec autant de professionnels investis et le fait qu’il soit en même temps ouvert au grand public et gratuit. Ce format n’existe nulle part ailleurs. Il s’agit d’un événement à la fois business et de pédagogie numérique totalement en accord avec les convictions de base de Cap Digital sur l’importance d’accompagner l’innovation et de faire en sorte que l’innovation soit collective et partagée. On aime bien l’idée de dire à nos membres “sortez vos protos du garage et faites les tester par de vrais usagers”. FenS se distingue par un format mixte très net, quelque chose d’hybride entre l’art numérique, une culture de la communication et la culture start-up.

Un autre aspect particulier de FenS est son modèle de financement car il n’y a pas de billetterie. L’implication financière provient surtout de financeurs publics (la Région Ile-de-France et la Ville de Paris) mais aussi de grandes entreprises qui soutiennent l’événement (la MAIF, Sanofi, JCDecaux, EDF, Orange, SNCF, France Télévisions…).

Enfin, la dernière spécificité de FenS est le fait qu’il ait lieu en France, à Paris. La vigueur de cet événement tient à ce que notre scène tech française, francilienne et parisienne s’y retrouve.  L’arrivée du WebSummit à Lisbonne a révélé l’énergie de l’écosystème portugais, de même Futur en Seine veut mettre en avant le dynamisme de nos startups et l’excellence de nos universités.

 

Que va-t-on trouver d’un peu décalé cette année ?

Cette année, le festival propose beaucoup d’expériences décalées, immersives et ludiques. Nous avons la conviction que c’est par l’expérience sensible de la technologie que l’on comprend comment les innovations transforment et vont transformer nos quotidiens. .

D’ailleurs, le coeur de FenS sera cette année les “démos”. Quand le public arrivera dans la Grand Halle de la Villette, tout le rez-de-chaussée sera occupé par environ 150 projets numériques très expérientiels. Il y a en a beaucoup dans le domaine des industries créatives, autour de la réalité virtuelle, du gaming, de l’image, de la musique car cela offre aux visiteurs une expérience forte aussi ludique et divertissante.

Nous avons également essayé d’éditorialiser cette programmation d’expériences pour donner la place aux moments forts. Par exemple, on va avoir un “Augmented Human Safari” par le célèbre biohacker suédois Hannes Sjöblad qui va faire tester 5 dispositifs d’augmentation du corps (un exosquelette, un exosense comme un 6ème sens…) ; on retrouvera aussi Aurélien Fache et sa fameuse installation “In Bed with Thomas Pesquet” ; un sex tech lab sur la sexualité du futur, une plateforme smart food et beaucoup d’autres.

Le fil rouge de notre programme de grandes conférences est “Intelligences” et recouvre aussi bien l’intelligence artificielle que les intelligences collectives, créatrices, émotionnelles – humaines en somme. ”. A travers ce thème nous nous attacherons à décrypter les mutations qui traversent actuellement   le territoire,  la santé et le travail.

Il y aura à la fois des chercheurs éminents en IA qui sont aussi de brillants vulgarisateurs,  comme Jean-Gabriel Ganascia, chercheur à l’UPMC qui s’attachera à dézinguer les idées reçues sur l’intelligence artificielle. On trouvera aussi des entrepreneurs comme Jurgi Camblong, start-uppeur qui fait de la santé prédictive grâce à l’IA en décryptant le génome humain ; des artistes dont les installations nourrissent l’esprit critique sur l’IA : Filipe Vilas Boas et Paul Coudamy qui présenteront « The Punishment », une installation dans laquelle un robot exécute une punition préventive au titre de son éventuelle désobéissance future ; des investisseurs comme Amélie Faure, operating partner chez Serena Capital qui a lancé un fonds d’investissement dédié à l’IA et Marie Ekeland, co-fondatrice de Daphni, on trouvera même des personnalités politiques qui vont parler de l’intelligence des territoires comme Marietje Schaake, députée européenne, membre de la Commission des affaires étrangères et du commerce international, qui milite pour une stratégie européenne de défense des libertés numériques. Elle interviendra sur le rôle que le numérique peut jouer alors que nous vivons une vraie crise de confiance.

 

Pourquoi avoir choisi un lieu différent du centre de Paris cette année ?

Notre festival est francilien, grand public et son financeur le plus important est la région Ile-de-France. Alors naturellement, nous voulions être dans un lieu symbolique à la frontière entre Paris et sa banlieue. Il se trouve que le nord-est parisien est un territoire hyper fertile en terme d’innovation, avec des incubateurs comme le Cargo, des fablabs comme Villette Makerz et beaucoup de start-up qui ont leurs bureaux là-bas. La Villette est en soi un écosystème avec une programmation de culture numérique, qui est très identifiée des professionnels de l’innovation et du grand public, c’est un des noeuds de ce que la ville de Paris appelle “l’arc de l’innovation” qui est une sorte de territoire stratégique. C’est aussi un positionnement qui se veut ouvert à tous les publics, les scolaires, les familles franciliennes, une autre manière pour nous de répondre à notre mission.

On vous a convaincus qu'il ne fallait pas rater Futur en Seine ?

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