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Nov 16, 2017 | 6 min de lecture

Cultures

"Nous allons faire le tour du monde pour donner la parole aux « vieux »"

Rencontre avec Clément Boxebeld et Julia Mourri fondateurs d'Oldyssey

Marina Dislich

Communication Manager


FABERNOVEL INNOVATE
Nous avons rencontré Clément Boxebeld, ancien de FABERNOVEL INNOVATE et Julia Mourri, fondateurs d’Oldyssey, un projet solidaire soutenu par FABERNOVEL INNOVATE qui se donne pour objectif d’accélérer et d’alimenter la réflexion sur la transition démographique en repérant aux quatre coins du monde les plus belles initiatives d’accompagnement au vieillissement.

C’est un fait : nous vieillissons.
L’allongement de la durée de vie moyenne, permet aujourd’hui déjà à quatre générations de coexister, tant bien que mal…Et il va falloir s’y habituer ! D’ici 2050, le nombre de personnes de plus de 80 ans atteindra les 395 millions (source: OMS), quatre fois plus qu’en 2000. A la même date, on estime que plus d’un tiers de la population française aura dépassé les 60 ans (source : OMS).

Ce changement d’équilibre démographique bouleverse les modèles de solidarité existants en France (et ailleurs) en soulevant des questions essentielles pour notre société : Comment inclure cette frange grandissante de personnes retraitées ? Comment améliorer son confort ? Quels échanges possibles entre les générations ?

Rencontre avec Clément Boxebeld, ancien de FABERNOVEL INNOVATE et Julia Mourri qui souhaitent s’attaquer à cette problématique centrale, mais paradoxalement peu publicisée. Fondateurs d’Oldyssey, un projet solidaire soutenu par FABERNOVEL INNOVATE, ils se donnent pour objectif d’accélérer et d’alimenter la réflexion sur la transition démographique en repérant aux quatre coins du monde les plus belles initiatives d’accompagnement au vieillissement.

Parce que nous serons tous « vieux » un jour, et sommes déjà le « vieux » de quelqu’un… Préparons un avenir age-friendly ! 


Qu’est-ce que cela veut dire d’être « vieux » aujourd’hui ?

L’adjectif « vieux » – contrairement à « jeune » – est devenu chez nous un mot tabou, presque une insulte. La difficulté́ à trouver un terme adéquat pour désigner cette frange grandissante de la société témoigne d’un profond malaise : on se plaint que les « plus de 60 ans » deviennent « trop nombreux » et surtout qu’ils nous coûtent « trop cher ».
Faute de penser la vieillesse, nous avons pris l’habitude de nous focaliser sur le nombre et sur le coût que celle-ci ferait « peser » sur la société.
Pourtant l’allongement de la durée de vie devrait être une plutôt bonne nouvelle…


Quels sont selon vous les plus grands défis de la transition démographique ?

Il faut faire face au vieillissement général de la planète en se posant la question de la place de la personne âgée dans notre société.
Les retraités – qu’ils soient en bonne santé ou davantage fragilisés – aspirent à une meilleure inclusion dans la société : ils veulent se sentir utiles, qu’on valorise leurs savoir-faire et leurs expériences. Ils souhaitent continuer à mener une vie épanouissante. Bref, que le 3ème âge soit synonyme de plaisir, d’autonomie et de choix.


Quelles sont, au contraire, ses opportunités ?

Elles sont nombreuses !
D’abord, cette transition offre une formidable opportunité de croissance en créant l’emploi pour les plus jeunes dans une économie « de proximité » par excellence et qui n’est ni délocalisable, ni automatisable.
Une belle opportunité d’innovation également. Car partir des besoins des plus âgés – « personae » aux besoins spécifiques parfois extrêmes – pour concevoir des produits et services, permet de simplifier l’expérience au maximum et donc d’imaginer des solutions pour le plus grand nombre, dans toutes les configurations (femmes enceintes, parents, personnes en situation de handicap etc.)
Et finalement la chance de favoriser la cohésion sociale en promouvant les échanges intergénérationnels. Aujourd’hui, 29% des retraités pratiquent au moins une activité́ bénévole (source : France Bénévolat). Un grand nombre de grands-parents sont actifs dans le milieu associatif comme familial et, de plus en plus, accompagnent leurs petits-enfants jusqu’à l’âge adulte.
Il s’agit là d’un fait inédit si on compare aux siècles précédents. Toutes les générations peuvent tirer profit de ce lien durable : les plus jeunes bénéficiant de l’expérience et du soutien de leurs aînés, tandis que les plus âgés profitent d’une vie sociale et affective plus épanouie.


Comment les saisir ?

La réponse aux questions posées par la transition démographique nécessite de replacer l’humain, donc l’utilisateur, au centre de nos réflexions et repenser ainsi nos services, logements, transports, villes, campagnes et institutions.
J’ai hérité cette vision « user-centric » de mes années chez FABERNOVEL et je suis encore plus convaincu de sa nécessité dans le contexte de la transition démographique.


Qu’est-ce qu’Oldyssey en quelques mots ?

Cette conviction « user-centric » est justement la raison d’être du projet Oldyssey : nous allons donner la parole aux « vieux ». Nous allons faire le tour du monde des initiatives solidaires, mais aussi des pratiques sociales et culturelles liées à l’intégration et au soin apporté aux plus âgés.
Dans nos vidéos, ils nous raconteront leurs envies, leurs aspirations, mais aussi leurs points de souffrance qui nous révèleront autant d’opportunités d’innovation pour faciliter leur quotidien.
Nous allons aussi nous attacher à mettre en avant les initiatives qui rapprochent les générations partout dans le monde, dans des sociétés où le statut des aînés est parfois différent, pour s’inspirer d’autres formes de solidarité qui y voient le jour.


D’où vous est venue l’idée de cette « odyssée » ?

Nous pensons que l’étude des liens intergénérationnels dans d’autres pays sera une grande source d’inspiration. Le vieillissement est un phénomène global, il touche des pays développés comme le Japon, les États-Unis, le Canada et les pays européens. Dans ces pays où la transition démographique est très avancée, certaines réponses institutionnelles méritent qu’on s’y intéresse : robot d’assistance et maisons multigénérationnelles au Japon, intelligence artificielle et nouvelles interfaces aux Etats-Unis, modèles d’assistance alternatifs au Canada. 


Que peuvent nous apprendre les pays « jeunes » que vous comptez visiter ?

Le vieillissement concerne aussi les régions du monde où la population est encore « jeune » – les pays d’Afrique ou d’Amérique latine, la Chine, l’Inde… Ces États amorcent ou ont amorcé une transition démographique qui sera fulgurante. À titre d’exemple, le Brésil est passé en moins de 50 ans d’un État très jeune à un pays considéré comme vieillissant (source : Écoutes du vieillissement : la personne âgée dans la postmodernité, Francisco de Assis Azevedo dos Santos). Le même processus a pris deux siècles en Europe.

Ces régions, où les solidarités sont encore essentiellement familiales, innovent pour s’adapter à cette nouvelle donne, tout en préservant leurs spécificités culturelles. En Chine, les universités pour personnes âgées fleurissent dans les grandes villes comme dans les régions rurales, l’Afrique du Sud développe des réseaux d’entraide entre seniors, dans certains villages du Sénégal des associations réunissent les grands-mères pour les former à la sensibilisation contre le mariage forcé et la grossesse adolescente…

 

Qu’espérez-vous rapporter dans vos valises au retour, et comment comptez-vous en profiter ?

A notre retour, nous espérons rapporter dans nos valises de la matière inspirante, l’étude de plus de 50 innovations sociales qui n’existent pas en France et qui pourraient être répliquées chez nous. Nous aimerions aussi retrouver la communauté rassemblée autour de nos contenus pendant un an et mobiliser physiquement les personnes ayant la fibre de l’entrepreneuriat social. Après les avoir sensibilisés aux enjeux du vieillissement, inspirés par les modèles alternatifs que nous aurons mis en avant, nous aimerions initier la création de projets facilitant le quotidien des plus âgés en France en animant des événements d’idéation et de prototypage partant des besoins de cette population en France.

 

Pourquoi avoir choisi FABERNOVEL INNOVATE comme l’un de vos sponsors ?

Avec FABERNOVEL INNOVATE, c’est une longue histoire, car l’un des deux fondateurs d’Oldyssey y a travaillé pendant 3 ans, c’est donc naturellement qu’ils ont conseillé et accompagné Oldyssey dès ses débuts. FABERNOVEL INNOVATE et Oldyssey, partagent la même approche et les mêmes convictions. Avec pour mission de « distribuer le futur » et de construire l’avenir des industries, FABERNOVEL INNOVATE n’hésite pas à explorer une grande diversité d’usages, ceux qui émergent avec la transition démographique sont amenés à être au cœur des préoccupations de ses clients dans tous les secteurs.

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