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Feb 6, 2019 | 5 min de lecture

Cultures

Le nomadisme digital : nouvel enjeu du télétravail ?

Ludovic Fouchan

Change Maker


FABERNOVEL INSTITUTE
Le travail se mue, change de nature, les nouvelles méthodes de travail et technologies transforment nos usages, avec des conséquences directes sur l’organisation du travail.

L’une d’entre elle est le développement du nomadisme en entreprise, avec des salariés qui ne travaillent plus systématiquement aux mêmes endroits.

Comme tout changement, les entreprises doivent s’adapter et intégrer ce nouveau paradigme, mais comment prendre le sujet ? Comment offrir un cadre propice pour répondre aux nouveaux enjeux du télétravail ?

Demain tous nomades digitaux ?

Le nomadisme digital prône une mobilité qui va au delà des murs de l’entreprise, à l’instar du flex-office qui consiste à ne pas avoir de bureau attitré pour les collaborateurs.

Cette mobilité peut se faire soit dans un périmètre assez proche (différentes entitées d’une entreprise, dans un coworking à côté de son domicile, dans un café à côté du bureau) ou dans un périmètre beaucoup plus lointain, dans d’autres villes, voire d’autres pays … avec pour principal motto : un meilleur équilibre pro / perso, et une plus grande autonomie des salariés.

L’un des fondements du nomadisme digital reste bien évidemment le télétravail. Si en France 15% des travailleurs déclarent faire du télétravail de manière occasionnelle, et seulement 4% de manière régulière. En france il est souvent associé au travail à la maison, alors qu’il pourrait être réalisé partout ou une connexion internet est disponible, d’où l’expression de nomade digital, pour les télétravailleurs qui travaillent de n’importe où.

Aux Etats-Unis là où le modèle est bien plus développé certaines entreprises, ont adopté le modèle « Full-remote » (salariés en télétravail à 100%) et ne possèdent même plus de bureaux.

Automattic la société mère de WordPress s’est récemment déchargée de ses locaux car les employés ne venaient plus au bureau. Ainsi une somme d’argent est ré-allouée aux collaborateurs pour aménager un bureau chez eux, ou pour prendre un abonnement dans un espace de coworking.

Automattic n’est pas la seule entreprise à pratiquer le modèle du “sans-bureau” : Buffer, Doist ou encore Basecamp ont embrassé ce modèle d’organisation, et cette dernière a même conceptualisé cette culture à travers un ouvrage au titre évocateur : “Remote Office not required”

Sans pour autant aller dans ces extrêmes le télétravail possède son lot d’avantages, et suppose également de répondre à de nouveaux enjeux.

 

Pourquoi prôner le nomadisme en entreprise ?

Travailler dans un café entre 2 rendez-vous, dans une gare avant son train, ou dans un coworking proche de chez soi sont des comportements qui étaient encore impossible il y a quelques années.

Qu’on le veuille ou non, ces comportements s’apparentent à du nomadisme digital qui pourrait s’illustrer par l’expression suivante “ travailler quand on veut, où on veut”

Au delà du gain de temps cette nouvelle pratique propose d’autres avantages pour les entreprises.

Les Avantages :

  • Bien être des collaborateurs : selon une étude menée par Malakoff Mederic sur plus de 1500 salariés, le télétravail permet un meilleur équilibre vie professionnelle/ vie personnelle (87%). Les premiers arguments mis en avant concernent la réduction de la fatigue (86%), une meilleure santé (81%) et un plus grand épanouissement dans le travail pour 78% des sondés.
  • Productivité : outre un meilleur équilibre vie pro/vie perso, l’argument de la productivité est également mis en avant, notamment pour les cadres qui sont souvent “sur-sollicités” sur leurs lieux de travail. Ainsi selon une étude greenworking, les gains de productivités pourraient atteindre 5 à 30%, avec comme première explication la capacité à se concentrer en pratiquant du “travail-profond”.
  • Réduction des coûts immobiliers : Comme le flex-office, le télétravail permet d’économiser de la surface immobilière de locaux, qui est un des coûts les plus importants pour les grandes entreprises.

Des salariés qui sont moins présents au bureau entraîne mécaniquement une diminution de la surface de bureau nécessaire au bon fonctionnement de l’entreprise, cette baisse des coûts immobiliers peut atteindre les 30% selon cette même étude greenworking.

De nouveaux enjeux pour les entreprises

Il n’y a pas de doutes, les entreprises se saisissent à bras le corps du sujet du nomadisme et proposent à leurs salariés de nouvelles solutions (flex-office, télétravail partiel…) pour y répondre. Cependant comme toutes pratiques rapidement adoptée, de nouveaux enjeux tendent à émerger :  

  • l’isolement : le premier inconvénient est l’isolement des employés, ainsi selon l’étude menée par Malakoff Médéric le nombre optimal de jours télé-travaillés dans la semaine s’élève à 2 pour éviter ce sentiment de solitude.

Le 100% remote reste encore marginal en France et seule une culture forte basée sur le remote permet d’assouvir ce modèle.

Le recours au co-working peut également pallier l’isolement, un coût à prendre en compte dans la mise en place du télétravail si il est mis en place en dehors du domicile.

  • Le management des équipes : On retrouve en 2nd inconvénient, pour les managers la difficulté de manager des équipes à distance. Il est primordial que les managers aient en tête que les télétravailleurs vont être évalués sur les résultats et non plus sur la présence au bureau, et là est le réel enjeux.

Du côté télétravailleurs certains vont avoir tendance à “en faire trop” pour montrer qu’ils travaillent et vont tendre à s’épuiser plus rapidement, c’est également au manager de tirer la sonnette d’alarme si il sent que ses collaborateurs se retrouvent dans de telles situations.

 

  • La sécurité: Il s’agit de l’aspect le moins évoqué dans l’implémentation du télétravail. La protection des données est un enjeu majeur pour les grandes entreprises, surtout depuis la mise en place du RGPD.

 

Quid de la question de l’employé qui se connecte à un réseau public dans un café ? Quid de l’authentification du “device” en cas de perte de vol de matériel ?

Des gestes simples comme l’authentification à deux facteurs, et/ou l’utilisation de VPN permettent de pallier à ces problématiques, mais une politique d’éducation sur la protection des données doit être menée à l’égard des télétravailleurs.

 

Mais le plus gros enjeu reste encore la confiance : Comment m’assurer que mes employés travaillent ? Est-ce que mes salariés vont “jouer le jeu” et travailler dans les meilleurs conditions ?

De plus la question de la cohésion d’un groupe avec des équipes “semi-remote” ou “full-remote” se pose grandement ?

 

Comme nous avons tendance à le dire chez Fabernovel la transformation des organisations passe avant tout par la transformation des cultures, et la mise en place du télétravail est également une question de culture : la culture de la confiance.

Les entreprises souhaitant adopter ce modèle doivent se forger leurs propres convictions sur le sujet et mettre en place une vraie politique pour faire du télétravail et du nomadisme digital un réel élan pour la croissance des entreprises.

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