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Quel apport du digital pour les musées ?

Compte rendu de la "semaine du numérique" au Quai Branly

   
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Le Musée du Quai Branly a organisé du 14 au 22 avril l’événement « Semaine du Numérique ». L’objectif était de mettre à disposition des visiteurs différents outils numériques, et d’obtenir leur feedback, afin d’améliorer l'offre digitale auprès des publics.

Les musées voient le comportement de leurs visiteurs évoluer : utilisation de plateformes mobiles, des réseaux sociaux, mélange permanent entre monde réel et monde virtuel,... mais n’ont pas encore trouvé comment ils pouvaient  s’adapter à ces changements, sans pour autant dégrader leurs objectifs intrinsèques de conservation, d’exposition et de médiation.


Au Musée du Quai Branly, j’ai eu l’occasion de découvrir trois expériences :


- une application android RFID autour des instruments de musique : le numérique permet l’immersion sensorielle

Le principe m’a paru excellent : le  visiteur se munit d’un smartphone et d’écouteurs. Dans le musée étaient répartis des autocollants RFID associés à un instrument de musique exposé. En passant le smartphone devant l’autocollant, on entendait alors la musique jouée par l’instrument.
     - Le + : la dimension sonore manque souvent au musée, et particulièrement lorsqu’on expose des instruments de musique. Le but de l’application était à mon sens très pertinent.
     - Les - : sur l’écran, du contenu associé à l’instrument écouté permettait d’enrichir notre expérience : films, photos,… Ils n’étaient pas tous pertinents. Trop de contenu sur l’application mobile détourne le visiteur de l’oeuvre elle-même. Par ailleurs, les autocollants RFID étaient très peu visibles dans le musée


- un plan interactif sur tablette (développé sur android également) : le numérique réinvente le parcours de visite
Le but de cette application était d’aider les visiteurs à se repérer dans le musée.
     - Les + : le plan était assez bien fait, avec des grandes zones de couleur pour les différents continents représentés au musée. Plus on zoomait, plus les informations se précisaient : continents, puis pays, puis objets dans les vitrines. L’autre idée intéressante était de proposer des parcours dans le musée suivant des thématiques : les masques, les instruments de musique, les objets insolites, au lieu de suivre le parcours classique.
     - Les - : il n’y avait pas de géolocalisation du visiteur sur le plan. Donc, malgré ce très beau plan, impossible de mieux se repérer car on ne sait pas où l'on se trouve.

Dans un cas comme dans l’autre, les applications étaient laissées au visiteur en échange d’une pièce d’identité, avec très peu d’explications. C'est un des écueils récurrents lorsque l'on parle d'innovation : le manque de pédagogie.


- un robot amateur d’art : le futur des artistes ?

Cette visite fut aussi l’occasion de rencontrer un robot humanoïde et ses développeurs qui cherchent à développer le gout artistique de leur robot ! Celui-ci peut se déplacer, regarder, et donner son avis, grâce à une bouche qui peut sourire ou faire la moue. Pendant la matinée, les visiteurs qui croisaient le robot devant une vitrine allaient dire au développeur s’ils aimaient tel ou tel objet que « regardait le robot » en même temps qu’eux. Les développeurs rentraient alors les avis dans le code du robot. Dans l’après-midi, le robot se promenait seul d’une vitrine à l’autre, et lorsqu’il reconnaissait une oeuvre, il pouvait sourire ou faire la moue, suivant l’avis que les visiteurs lui avaient transmis.

Le but de cette expérience est de poursuivre la recherche dans ce qui pourrait être un programme informatique du bon gout artistique : comment réagirait le robot devant une oeuvre que 50% des visiteurs ont aimé ? Comment réagit-il devant une oeuvre sur laquelle on ne lui a encore donné aucun avis ? Ce travail est encore en cours...


En bref, les recherches du Musée du Quai Branly visent à apporter des informations supplémentaires au visiteur, en exploitant ce qu’offre le numérique : immersion sensorielle, mobilité, interactivité. Cependant, il est important de penser à donner à ces outils numériques un sens qui serve l’activité du musée, sans détrôner les oeuvres.

C'est une problématique importante pour l'avenir de la muséographie. Chez faberNovel, si nous avons déjà mis à profit les possibilités du digital pour les musées avec Monet 2010, nous sommes convaincus que les opportunités restent formidables en termes d'innovation.

Marguerite Meunier
Marguerite est Junior Project Manager chez faberNovel...

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