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Les artistes et l'innovation. (Partie 1)

Compte rendu du Mardi de l'Innovation du 29 Novembre

01 Décembre 2011
   
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Dans le cadre des « Mardis de l’innovation », j'ai assisté avant hier à une nouvelle conférence de Marc Giget dans le fin fond du 13ème arrondissement de Paris, dans une petite salle de spectacle très intimiste aux allures de cave, «les Voûtes». Après la conférence de la semaine dernière sur le thème de la Renaissance, Marc Giget nous a parlé hier du « rôle fondamental des artistes dans l’innovation ».

« En croyant passionnément à quelque chose qui n’existe pas encore, on le crée. L’inexistant est quelque chose que l’on n’a pas suffisamment désiré » Franz Kafka

C’est sur cette très belle citation de Franz Kafka que débuta la conférence.

A l’heure où l’innovation est souvent assimilée uniquement au design, discipline qui lui est certes légitimement associée, il convient de se rappeler que les artistes au sens «classique» du terme (peintres, musiciens, ébénistes, sculpteurs…) ont également toujours joué un rôle très important dans son développement.

Ainsi, les artistes ont toujours joué un rôle fondamental en période de synthèse créative, « quand la société s’approprie les avancées des connaissances pour les transformer en de nouveaux produits et services », périodes durant lesquelles leur créativité et leur sensibilité sont nécessaires pour découvrir l’ensemble des possibles permis par les dernières révolutions techniques.

La jonction entre sensibilité artistique et innovation :

Selon Léonard de Vinci, l’artiste seul est capable de comprendre la nature et de ressentir l’ensemble des « passions humaines ». Cette dévotion pour l’art, sans se soucier des préoccupations et des besoins de son temps, est sans nul doute l’atout déterminant de l’artiste, qui lui permet de contribuer mieux que quiconque à l’innovation.

De nombreux artistes non reconnus de leur temps sont ainsi aujourd’hui considérés comme de grands précurseurs ayant fait preuve d’une conception visionnaire hors pair. Pour ne citer qu’un exemple, Van Gogh a persisté dans son art toute sa vie, persuadé de ne pas être reconnu à sa juste valeur, et sans vendre (ou presque) aucune toile de son vivant…


Pour illustrer mon propos, je vais maintenant vous détailler les différentes études de cas exposées par Marc Giget, dont les trois plus importantes n’étaient autres que Balzac, Lewis Carroll, et Franz Kafka. Je complèterai ensuite ces trois exemples en vous parlant d’Emile Gallé, d’André Gide, de François Coty ou encore de Tiffany, qui ont fait l’objet d’une série d’exemples moins détaillés.

1.    Balzac : entrepreneur innovateur


L’Histoire telle qu'on nous l’enseigne fait malheureusement parfois l’impasse sur des aspects très intéressants, qui constituent de véritables clefs de lecture pour mieux comprendre notre temps.

Passionné par les innovations techniques, Balzac est l’exemple type de l’artiste, qui en plus d’être l’écrivain de génie auteur de la « Comédie humaine », fut également l’un des entrepreneurs innovateurs les plus importants de son époque.

Ainsi, Balzac aura en tout et pour tout été à l’origine d’une douzaine de projets de création d’entreprises, parmi lesquelles deux maisons d’édition, deux imprimeries, une fonderie de caractères d’impression, une revue, un journal…

Reconnu par les imprimeurs contemporains comme ayant 20 ans d’avance sur son temps au niveau des technologies employées et de la qualité de ses projets, Balzac ne parviendra en revanche jamais à tirer le moindre gain de ses différentes entreprises. Concepteur de génie, mais piètre gestionnaire, il fera échouer un à un l’ensemble de ses projets, prouvant ainsi que la conception et l’exécution sont deux qualités bien distinctes. D'ailleurs, tous les repreneurs des projets initiés par Balzac ont fait fortune très rapidement, et ont prospéré pendant plusieurs générations…

Ce qu’il ne parvint jamais à réussir dans le monde réel, Balzac l’écrivit. Cette confusion permanente entre l’imaginaire et le réel lui permis ainsi de donner une dimension réaliste exceptionnelle à son œuvre, parfaitement illustrée dans son romain « Les illusions perdues ».

Son projet le plus fou et le plus visionnaire fut de vouloir lancer l’exploitation des scories (déchets) des mines d’argent de Sardaigne suite à un voyage en Italie. Son idée fut volée par celui qui devait être son associé. L’exploitation des scories fut la première activité économique de Sardaigne pendant des décennies…

 

A suivre ici

Marion Gueriot
Marion est Junior Project Analyst chez faberNovel...

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